Compassion In World Farming (CIWF), ONG dédiée au bien-être des animaux de ferme (1), affirme que les vaches qui fournissent du lait pour la fabrication du parmesan et du grana padano seraient maltraitées, prisonnières dans leurs box et n’auraient donc aucun accès au pâturage. Faux, répond le consortium du parmigiano reggiano qui parle de cas isolés, mais qui peine toutefois à réfuter les accusations de CIWF.
Comme nous l'annonçions la semaine dernière, Compassion In World Farming (CIWF) a récemment dévoilé les résultats d’une enquête menée simultanément dans 7 pays membres de l’UE sur deux fromages italiens célèbres, le parmesan et le grana padano. Les enquêteurs se sont rendus dans 9 exploitations d’élevage de la plaine du Pô et, selon leurs dires et leurs vidéos, les vaches qui produisent le lait pour fabriquer ces deux fromages seraient constamment cantonnées dans leurs étables, n’auraient aucun accès au pâturage, elles seraient poussées aux limites de leurs capacités et certaines d’entre elles seraient même blessées sans qu’aucun soin ne leur soit apporté (Agra Alimentation du 30 novembre 2017).
Nos vaches vivent bien…
Suite à ces allégations, les responsables du consortium de l’appellation d’origine protégée Parmigiano Reggiano ont martelé qu’« il est faux d’affirmer que le cheptel bovin de la filière parmesan est maltraité et qu’ils n’ont rien à cacher et qu’ils sont fiers de leur fromage et de leur tradition ». Selon eux, la description propagée par CIWF ne rendrait pas compte de la réalité de la filière du parmesan dans la mesure où cette ONG « a exploité 9 cas isolés, non représentatifs, pour rendre compte d’une situation générale de la filière qui comprend environ 3 000 éleveurs agréés (environ 8 000 pour les 2 AOP) ». Ils considèrent que ces quelques situations isolées, condamnées par le consortium, « ne représentent en rien les normes et pratiques du bien-être animal qui régissent la filière du parmesan, laquelle ne peut en aucun cas être assimilée à l’industrie laitière et donc à l’élevage intensif ». Mieux : le bien-être des vaches laitières « joue un rôle essentiel dans la qualité de la production et non seulement les fermes qui leur fournissent le lait respectent la législation européenne sur le bien-être animal mais, en plus, elles soumettent les vaches à un régime alimentaire prédéfini pour une parfaite santé ». Ils soulignent qu’il n’y a pas de lien exclusif et intangible entre le pâturage et le bien-être de bovins car, d’après eux, « la stabulation pratiquée par la filière apporte un abri, l’espace nécessaire pour se déplacer et se reposer, une bonne aération, de l’eau à satiété, un régime alimentaire approprié et même des douches… ». Ce sont d’ailleurs, précisent-ils, « ces strictes conditions d’élevage qui ont contribué au succès de nos fromages très appréciés dans le monde entier ».
tiques d’élevage respectueuses du bien-être des animaux de ferme et propose des alternatives à l’élevage intensif.
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La France premier importateur de Parmigiano Reggiano
Selon une étude de Coldireti (Confédération nationale des agriculteurs italiens), jamais autant de fromage italien n’a été consommé à l’étranger qu’en 2017, année record historique avec une augmentation de 7 % en quantité par rapport à 2016. Pour les 7 premiers mois de cette année, et pour la première fois en 2017, les 400 millions de kg de fromages « made in Italy » consommés à l’étranger seront dépassés. Le plus grand succès des fromages italiens, grana padano et parmigiano reggiano en tête, est enregistré en France où les exportations au cours des dix dernières années ont presque doublé (+ 94 %) au détriment du camembert, du brie et du roquefort, atteignant près du quart du total des exportations italiennes de fromages. La France reste le premier pays importateur de parmesan au monde.