Volaille > Sans grand suspens, le tribunal de commerce de Rennes a choisi le projet du consortium réunissant le volailler LDC, la coopérative Terrena et le saoudien Al-Munajem, pour la reprise du groupe Doux. Une reprise fondatrice pour la pérennité de la filière avicole bretonne et qui apporte des solutions à la totalité des emplois
C’est bien le consortium emmené par le leader de la volaille LDC, avec la coopérative Terrena et le saoudien Al-Munajem, qui a été choisi le 18 mai par le tribunal de commerce de Rennes pour reprendre le groupe Doux. Les salariés avaient exprimé leur préférence pour l’offre du consortium. "On passe à côté de la catastrophe mais c’est vraiment la dernière chance. Ça fait des années qu’on disait qu’il fallait réorienter la production et partir à la reconquête du marché français", a rappelé Nadine Hourmant (FO), très émue quand la décision est tombée. Fondé en 1955, le groupe avait bâti son développement sur l’exportation de poulets congelés vers le Moyen-Orient.
Dans un communiqué commun, les ministères des Affaires étrangères, de l’Économie, de l’Agriculture et de la Cohésion des territoires, ainsi que la région Bretagne, saluent une "reprise exemplaire et fondatrice pour le volailler Doux". "Ce projet de reprise apporte des solutions à la totalité des emplois du groupe Doux via le maintien de 912 emplois (dont 811 sans conditions) sur les 1 165 du groupe, et la proposition de 401 offres de reclassement, tant en Bretagne qu’en Pays-de-la-Loire", précisent-ils.
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a souligné dans ce communiqué "l’attitude exemplaire et responsable des salariés, des éleveurs, ainsi que des acteurs de la filière avicole française, LDC et Terrena, qui conduit à renforcer cette filière sur le long terme".
Pérennisation de l’activité avicole bretonne
LDC va investir 60 millions d’euros dans le cadre de ce plan, a précisé le leader français de la volaille dans un communiqué, dans lequel il "réaffirme sa volonté de proposer une nouvelle ambition à la filière avicole française combinant reconquête des importations, exigences de compétitivité et défense de l’emploi et des produits français". Un nouveau site industriel d’abattage et de découpe de volailles dédié aux marchés industriels (PAI) et de la restauration sera construit à Châteaulin pour un investissement industriel programmé de 55 millions d’euros. À l’horizon 2020, ce site devrait employer 250 collaborateurs pour une capacité d’abattage de 400 000 poulets par semaine, indique LDC. "Ce projet industriel s’inscrit parfaitement dans le cadre de la stratégie volontaire menée par le Groupe de reconquête des importations", poursuit-il.
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Terrena, actionnaire de Doux et partenaire du consortium, a aussi salué dans un communiqué le choix du tribunal de commerce. "Cette décision vient conclure plusieurs mois de combat qui ont permis d’aboutir à une offre concertée, gage de solidité et de pérennité pour l’activité avicole bretonne ", a déclaré Christophe Couroussé, directeur général de Galliance, branche volaille de Terrena.
Le consortium va se retrouver en Bretagne via une nouvelle société, Yer Breizh, constituée de LDC, Al-Munajem, Triskalia, Terrena et la région Bretagne qui apportera 20 millions d’euros.
L’autre concurrent principal à la reprise, l’ukrainien MHP, entendait garder environ 285 postes auxquels se seraient ajoutés "environ 430 postes" au démarrage d’une nouvelle unité de production dans un délai de deux ans.
Le groupe Doux a accusé l’an dernier une perte de 36 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros. Il n’a quasiment jamais gagné d’argent depuis sa création en 1955, si on exclut les subventions européennes à l’exportation qu’il a touchées jusqu’en 2013. Racheté en 2016 par le groupe coopératif Terrena, Doux était en quête de repreneur depuis l’an dernier.