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Farre Le décret sur HVE niveau 3 devrait paraître avant juin

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Clôturant la journée nationale de Farre le 12 janvier, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture Jean-Marc Bournigal a indiqué que le décret d’application du Grenelle de l’environnement concernant le niveau 3 de la Haute valeur environnementale (HVE) devrait paraître avant juin 2011.

A en juger par les adhérents à Farre (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) et les 250 personnes présentes à sa rencontre annuelle le 12 janvier, l’impatience est grande de voir enfin paraître le décret sur la HVE (Haute valeur environnementale) niveau 3. La raison : des efforts importants ont été entrepris par bon nombre d’agriculteurs pour réduire l’impact de leur exploitation sur l’environnement. Pour qu’ils soient visibles, qu’ils puissent être affichés et étiquetés en direction des consommateurs, il faut que paraisse ce décret. C’est ce qu’a promis le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, Jean-Marc Bournigal, venu clore les travaux du Forum.

Services environnementaux : qui paie ?
Très attendu par les défenseurs de la certification environnementale de l’agriculture, le troisième niveau de la HVE autorise notamment l’étiquetage des produits, permettant une reconnaissance par le consommateur des efforts environnementaux réalisés par les agriculteurs. Le colloque Farre a d’ailleurs été l’occasion de passer en revue l’ensemble des moyens par lesquels un agriculteur déployant des efforts environnementaux pouvait être rémunéré. Qui paie, comment, combien et par quel mécanisme ?
Cette rémunération peut provenir des politiques publiques, telles que la Pac, dont le caractère écologique devrait être renforcé avec la réforme de 2013 (premier puis deuxième pilier). Mais il s’agit aussi de politiques spécifiques, notamment pour préserver la pureté de l’eau, la biodiversité ou encore pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. Il y a encore les stratégies de quelques industriels qui, comme Kraft Foods France avec Lu Harmony, rémunère les producteurs de céréales sur la base d’efforts environnementaux mais sans demande de supplément au consommateur. C’est encore la coopérative Nouricia qui cherche à mettre en place une certification d’exploitation pour ses membres acceptant des contraintes écologiques. Eric Guillemot, directeur de Coop de France déshydratation, expliquait aussi son combat incessant pour faire rémunérer les vertus écologiques de la luzerne (crédits carbone, action en faveur de la biodiversité…). Le combat pour une rémunération des services environnementaux est cependant encore loin d’être gagné. Les mécanismes mis en place font encore figure d’exception. Comme le montrait l’exemple d’Etienne Benoit, arboriculteur dans la Meuse, c’est encore une affaire de passionnés. Producteur de pommes, il ne cesse de progresser sur le plan environnemental sans toutefois toucher un centime de plus et en suscitant le scepticisme de ses voisins. Mais il pense qu’en adhérant à la démarche Fruidissi, marquant l’origine, son travail sera un jour récompensé grâce à une mise en marché plus rémunératrice, marquant la différence avec des fruits importés, ne respectant pas les mêmes normes. Mais il faut beaucoup d’opiniâtreté. Le consommateur, de sondage en sondage, ne cesse de dire qu’il est prêt à payer plus cher pour la défense de l’environnement. Lorsqu’il arrive dans un magasin, son comportement est tout autre.

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