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Valorisation des agroressources Le département de la Marne milite pour les nouveaux débouchés

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L’assemblée générale de la Fondation du site Paris-Reims, qui milite pour l’enseignement et la recherche dans des agro-bio-industries, a été l’occasion de révéler l’action militante des pouvoirs publics de la Marne pour les nouveaux débouchés des agro-ressources.

Qui connaît la Fondation du site Paris-Reims ? Sous ce nom peu évocateur se cache un groupe d’entreprises (280), de collectivités locales (240) et d’adhérents particuliers (600), mobilisés depuis 1992, année de la première réforme de la Pac, en faveur d’un pôle d’excellence d’enseignement et de recherche pour la valorisation des agroressources. La Fondation du site Paris-Reims a tenu son assemblée générale le 20 mai à Châlons-en-Champagne, avec comme invité Henri Nallet, ancien ministre de l’Agriculture, sur le thème « Vers une nouvelle étape des agro-bio-industries ».

L’avenir industriel est dans les biotechnologies

La Fondation du site Paris-Reims soutient politiquement la candidature de Champagne-Ardenne et de Picardie au pôle de compétitivité « industries et agroressources », a indiqué son président René-Paul Savary, par ailleurs président du conseil général de la Marne. Il a appelé les deux régions à s’unir pour devenir « moteurs » dans cette révolution industrielle aussi importante que l’a été le pétrole en son temps.

À ses côtés, Alain Delaunoy, président-fondateur du centre de transfert de technologies ARD (Agro industrie Recherches et Développements), basé à Pomacle près de Reims, a insisté sur le fait que l’avenir est dans les biotechnologies, du végétal en particulier : « Plus de la moitié des nouveaux médicaments est maintenant issue des biotechnologies. Depuis 1990, il n’y a pas eu un seul nouveau grand polymère issu du pétrole et développé à l’échelle mondiale. Les nouveaux entrants tels que le PLA (polylactic) et le polyester ex propane Diel sont issus du végétal et développés par les grands chimistes mondiaux Dupont et Dow ».

La société attend de la biomasse à moyen terme : 10% du marché des carburants, 20% des matériaux et de la chimie fine, 5% la production de chaleur et d’électricité, et à court terme plus de 50% des tensio-actifs, et quasiment 100% de la cosmétique, a précisé le fondateur d’ARD.

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Henri Nallet : continuez à investir dans la recherche agro-industrielle

Henri Nallet, invité à l’assemblée générale, a donné son éclairage d’ancien ministre de l’Agriculture. Encore amer de l’abandon de son projet d’un grand pôle universitaire dans le quart Nord-Est il y a 15 ans (l’Institut supérieur des techniques du vivant — ISTV) pour être à parité avec les campus universitaires nord-américains, l’ancien ministre socialiste a encouragé les Champenois et les Picards à soutenir tout ce qui peut amorcer « un cercle vertueux entre les producteurs, les transformateurs et les chercheurs». « Faites-en le plus possible. Tapez le conseil général, la région, l’État, Allez-y, c’est l’avenir ». La Chine attire les chercheurs, « car c’est là-bas qu’on produit. La recherche se fait à côté des champs et des usines».

« Nous allons vers un système encore plus ouvert, qui demandera encore plus de compétitivité. Il faudra que nous soyions capables de mieux valoriser la production primaire » à des fins industrielles. Cela « tout en nourrissant toujours la population». D’où la « nécessité absolue d’explorer toutes les voies de la chimie végétale». « Vous avez de grandes structures d’exploitation. Vous n’avez pas à en rougir. C’est votre richesse», a ajouté l’ancien ministre de François Mitterrand.

Cette assemblée générale a rassemblé aussi bien des chefs d’entreprise, dont des dirigeants de coopératives, que des représentants des collectivités territoriales, des élus. Tous sont motivés par la constitution d’un pôle d’excellence, qu’il prenne la forme du pôle de compétitivité ou qu’il réactive le projet, toujours récurrent en Champagne-Ardenne, d’ouvrir un grand centre d’enseignement et de recherche sur les sciences du vivant dans la région.