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Etude de marché Le développement du secteur des agroéquipements se fera hors de l’Europe

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Le 3e Sommet mondial des agroéquipements, qui s’est tenu les 20 et 21 février au Salon international du machinisme agricole (SIMA), a clairement annoncé une croissance du secteur dans les pays en voie de développement.

«En Europe, si l’on regarde les perspectives de croissance, l’on pourrait être raisonnablement pessimiste ! », s’est exclamé Gilles Dryancour, président du Comité européen des constructeurs de machines agricoles (Cema), le 21 février. La deuxième journée du 3e Sommet mondial des agroéquipements s’est ouverte sur son analyse du futur marché des agroéquipements. « Les perspectives sont bien meilleures en dehors de l’Europe », reprend-il avant d’annoncer une croissance de 4 à 5% pour ces pays d’Afrique et d’Asie. Gary Collar, directeur général d’AGCO Corporation Europe, Afrique et Moyen-Orient revient sur les enjeux de l’agriculture de demain : eau, disponibilité en énergie, disparition des terres, effet de serre... « Nos technologies peuvent aider à résoudre la faim dans le monde, explique-t-il. Je suis très optimiste sur notre secteur. » La population africaine devrait doubler d’ici 2050, ce qui implique une hausse de 20 % de la production agricole mondiale tous les dix ans et ce pendant 40 ans.

Dans le monde, 10% des agriculteurs ont un tracteur

De plus, les pays africains réinvestissent dans leur agriculture, relève Chakib Jenane, vice-directeur de la branche développement agro-business de l’Organisation des Nations Unis pour le développement industriel (Onudi). Aujourd’hui, seuls 10% des agriculteurs dans le monde possèdent un tracteur. Le potentiel de mécanisation est donc très élevé dans ces pays, mais « la plupart des technologies de l’Europe ne seront pas adaptées au fermage africain », remarque-t-il. D’où, d’après lui, des « transferts de technologies sud/sud qui s’observent déjà avec le Brésil, l’Inde ou la Turquie et approvisionnent le marché » africain.
Luc Boyeldieu, p.-d.g. de Bourgoin, revient sur le marché des pays du Nord en expliquant que « les industries agroalimentaires désirent une machine la plus rentable possible. Les industries ne réclament pas plus de précision mais plus de flexibilité », souligne-t-il. Le nombre de variétés de fruits et légumes s’est multiplié, « mais il nous faut une seule machine, identique partout dans le monde ».

Un euro fort n’est pas une perte de compétitivité

Du point de vue de la taille du matériel, « nous n’irons pas beaucoup plus loin. Par contre, les usines souhaitent que le matériel soit une de leurs annexes afin d’être au courant le plus rapidement possible et d’anticiper la transformation. L’avenir sera dans la transmission de l’information », affirme Luc Boyeldieu. Pour Gilles Dryancour, l’Europe doit se spécialiser dans la « haute technologie » afin de produire un maximum de valeur ajoutée. Si un euro fort peut être « un handicap pour nos exportations », il « n’est pas forcément un facteur de perte de compétitivité car l’Europe acquiert ainsi des matières premières à bas coût. » Gilles Dryancourt s’inquiète plutôt de la régulation des marchés que prône la France au G20 « qui pourrait être un handicap » pour le secteur. L’évolution du prix des matières premières pose également problème du fait d’un prix de l’énergie fluctuant et d’achat irrégulier de la part des agriculteurs.

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