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Le fonds Capagro II dépasse les 115 M€ et poursuit ses investissements

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Capagro II vise les 150 M€ de collecte. Crédits : © Pixabay/lewickistudio

La société de gestion Capagro rassemble de nouveaux souscripteurs et continue ses investissements dans les start-up agricoles et alimentaires, dont une nouvelle prise de participation dans la santé animale bientôt dévoilée. L’occasion de rappeler ses critères de sélection et d’expliquer pourquoi elle se tient à l’écart de plusieurs activités innovantes.

La société de gestion Capagro trouve les moyens de poursuivre ses investissements au profit des start-up agricoles et alimentaires en France et en Europe. C’est en tout cas le sens de l’annonce qu’elle vient de faire le 12 novembre 2024 en indiquant avoir sécurisé plus de 115 M€ sur un total visé de 150 M€ pour son fonds Capagro Agrifood Innovation Fund II, dit Capagro II. Le fonds lancé en 2022 avec plusieurs investisseurs de poids - Groupe Avril, LSDH, Terrena, Groupe Bel, Crédit Agricole, Bpifrance et Euralis - a attiré de nouveaux souscripteurs : le Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, financé par le dividende sociétal de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, deux investisseurs institutionnels dont UMR Retraite, et deux family offices, dont le Fonds Habert-Dassault. « Tereos, sponsor-investisseur, a également renouvelé son soutien à Capagro », indique la société de gestion qui compte désormais 12 investisseurs au tour de table de Capagro II.

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« Les levées de fonds sont moins faciles aujourd’hui que par le passé, essentiellement à cause d’un contexte macroéconomique et d’un impact inflationniste qui ont eu pour conséquence d’orienter les investisseurs davantage vers les placements obligataires et moins vers le private equity », constate Tom Espiard-Cignaco, directeur général de Capagro. « Et les fonds de private equity ont moins retourné de fonds, ce qui a fait que le private equity a bénéficié de moins d’allocations depuis les deux dernières années ». 

Les insectes et l'agriculture verticale ne répondent pas aux critères du fond

Fonds expert dans le secteur agri/agro, Capagro entend conserver sa thèse d’investissement en se montrant particulièrement attentif à plusieurs critères. « Il faut que la société ait déjà une traction commerciale, qu’elle ait trouvé son marché, qu’elle ait une proposition de valeur bien établie et qu’elle soit pilotée par une équipe en mesure de réaliser le scale-up », énonce Tom Espiard-Cignaco. Ce qui, de fait, exclut plusieurs secteurs qui ne remplissent pas ces secteurs et dont Capagro se tient éloigné. « Le secteur de l’élevage et de la transformation des insectes comme celui de l’agriculture verticale soulèvent la question de la profondeur de marché et du niveau de capex exigé pour ces opérations, très élevé par rapport aux ressources et horizon d’investissement d’un fonds VC et c’est notamment pourquoi nous avons choisi de ne pas nous positionner sur ces deux secteurs à ce stade », déclare-t-il.

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Autre secteur sur lequel la prudence s’impose : la décarbonation. « Nous sommes prudents sur la décarbonation de filières en raison d’une règlementation changeante et d’un modèle économique pas encore éprouvé. »

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Après deux investissements menés dans le cadre de Capagro II au capital de Cuure (compléments alimentaires personnalisés) et d’Agriodor (biostimulants), les investissements vont se poursuivre au rythme de deux à trois opérations pas an. « Nous allons dévoiler prochainement le troisième investissement du Fonds Capagro II dans le secteur de la santé animale », indique Tom Espiard-Cignaco. Capagro continue de chercher ses prochains investissements en étudiant 1500 dossiers par an pour investir en lead ou co-lead en mobilisant des tickets de 3 à 7 M€ par opération.