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Le français Abelio ressuscite le drone en grandes cultures

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On croyait le drone passé de mode en grandes cultures, cantonné aux parcelles d’essais agronomiques, après la disparition d’Airinov il y a un an et demi. Ce n’est pas la conviction de Grégoire Dupré (à gauche ci-dessous), étudiant formé à l’apprentissage automatique au MIT. L’échec du pionnier français du drone tient selon lui au coût trop important des drones dans leur business model, et au temps de traitement trop long des données, deux écueils qu’il a tenu à éviter en développant la start-up Abelio, en 2018 avec l’entrepreneur Philippe Caumes (à droite).

Pour ce faire, Abelio a développé une flotte de 60 drones, qu’elle a conçus elle-même, et offerts à des pilotes de drones indépendants partenaires. Elle espère en disposer de 250 l’an prochain, pour couvrir 100 000 hectares (contre 20000 ha cette année). Le business model repose sur un abonnement annuel à la carte, dont le prix est fonction du nombre de services demandés. Abelio revendique une diversité inédite de services :  suivis de levées, rendements, stades physiologiques, mauvaises herbes (datura notamment), maladies, ravageurs...

A condition d’en maîtriser le coût d’achat et de fonctionnement, le drone apporte ainsi une qualité d’image à partir de laquelle peuvent être proposés une diversité de services inaccessible à l’imagerie satellite, moins précise et dépendante de modèles statistiques, selon Grégoire Dupré. « Nous avons des concurrents sur une partie seulement de nos produits, assure le jeune entrepreneur. Par exemple, aucun acteur ne propose de suivi de levée et de mauvaises herbes de façon industrielle, comme nous le faisons. Les données satellitaires ne le permettent pas ».
Abelio propose ainsi une « méga-OAD » aux coopératives ou négoces. De quoi permettre à ces groupes de piloter la logistique de distribution d’intrants et d’approvisionnement des groupes, tout comme les pratiques agronomiques de leurs clients/fournisseurs agriculteurs. A partir de 2022, Abelio souhaite aller plus loin que proposer de simples cartes. En vue de la séparation de la vente et du conseil des produits phytos, elle a entrepris une démarche d’agrément pour proposer du conseil spécifique aux agriculteurs.

Elle pourra ainsi aller jusqu’à conseiller un produit, une dose, et la carte de modulation qui va avec. Côté finances, Abelio a récemment levé 1 M€, auprès de BPI France, de la région Occitanie et de plusieurs investisseurs dont Holnest, le fonds Family Office de Jean-Michel Aulas.

 

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