Abonné

Le français Telaqua optimise l'irrigation jusqu'au Chili

- - 3 min

Optimiser l’irrigation pour favoriser une meilleure utilisation de l’eau en agriculture, un secteur qui représente 70 % de l’utilisation d’eau douce au niveau mondial selon la Banque mondiale. C’est ce qu’ambitionne de faire Telaqua, une start-up créée en avril 2018 et basée à Marseille. « Nos premiers clients étaient au Chili, retrace Nicolas Cavalier, un des trois co-fondateurs de Telaqua (à gauche sur la photo ci-dessous). Ils avaient un problème d’uniformité d’irrigation, ils n’avaient pas la même pression selon les secteurs de leur exploitation et n’avaient aucun moyen de vérifier cela à distance».

L’entreprise a mis au point un dispositif de surveillance et de pilotage à distance des systèmes d’irrigation qu’elle commercialise depuis janvier 2019 en France. «Le but, c’est que chaque plante reçoive la bonne quantité d’eau», indique Nicolas Cavalier. Basé sur de l’analyse de données, le système utilise des capteurs (de pression dans les canalisations et d’humidité dans le sol) et un boîtier fabriqué par l’entreprise, l’ «agromote» centralise les informations de ces capteurs, mais aussi des compteurs d’eaux ou des électrovannes.

Via une application et un abonnement mensuel, l’agriculteur peut ensuite «faire un monitoring de la santé de son système d’irrigation, programmer son irrigation» ou disposer d’un système d’alerte, explique Nicolas Cavalier. À terme, «l’idée est d’arriver à des systèmes de maintenance prédictive, d’anticiper les problèmes d’irrigation en fonction des données que l’on récolte», ajoute-t-il, précisant que pour cela l’entreprise doit disposer de plus de données.

«Ce qui nous anime, c’est de réaliser des économies d’eau», affirme Nicolas Cavalier, qui assure également que le prix du service a été «amorti en un an» pour les clients chiliens de la start-up, notamment grâce à «une division par trois de leur consommation d’eau». Aujourd’hui, l’entreprise dispose «d’une dizaine de clients en France et au Chili», essentiellement des vignobles, arboriculteurs ou maraîchers, et compte «attaquer le marché espagnol dès 2020». «Nous voulons très vite aller à l’international», explique Nicolas Cavalier en citant «l’Italie et les pays du pourtour méditerranéen» comme des prochains lieux d’intérêts pour l’entreprise.
 
Celle-ci n’envisage pas que des usages agricoles, elle travaille également sur des usages industriels de ses technologies ou sur des applications avec des distributeurs d’eau. La start-up, qui compte cinq salariés veut par ailleurs réaliser «une levée de fonds d’un million d’euros» dans les prochains mois, indique Nicolas Cavalier. Notamment pour développer le traitement des données, mais aussi rendre les capteurs «plus simples d’utilisations», en facilitant leur installation.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Romain Ouertal