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Le gel a déjà partiellement touché les cultures en France

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Le gel qui a touché la France début février a pu détruire près de 700 000 hectares de blé et de colza d’hiver, selon le syndicat des producteurs de grandes cultures Orama.« Le ministre de l’Agriculture a compris que pour les cultures d’hiver, les dégâts de gel, c’est sérieux. Nous attendons maintenant du gouvernement des réponses concrètes », a déclaré Philippe Pinta, président d’Orama, suite à sa rencontre en urgence avec le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. L’occasion pour Philippe Pinta d’exposer les difficultés que pourraient rencontrer les producteurs français de grandes cultures. Ainsi, les froids extrêmes ont surtout touché un grand quart nord-est de la France où les dégâts sont assez disparates selon les types de sols et les couvertures neigeuses. Les destructions entrainées par le gel sont par endroit suffisantes pour justifier un remplacement par de nouveaux semis de printemps. Arvalis a indiqué le 13 mars que « localement » sur le quart nord-est, 70 à 80% des parcelles en blé seraient détruites au nord de la Haute-Marne, en Meuse et au centre de la Moselle. Toujours selon l’institut du végétal, en Alsace et au nord de la Côte d’Or 20 à 40% des parcelles de blé seraient à ressemer. En orges d’hiver, « les dégâts pourraient être au moins équivalents à ceux du blé en Lorraine et en Haute-Marne. Au nord de la Côte d’Or, 70% de parcelles d’orge seraient détruites », selon Arvalis. « C’est un vrai sujet » déclare Pierre-Olivier Drège, directeur général de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), indiquant que sur 700 000 hectares de grandes cultures touchées par le gel, 500 000 pourraient être à ressemer. En revanche, sur le reste du pays, les dégâts sont limités. « Vis-à-vis du gel, il n’y a pas de problème en blé tendre, quelques soucis en blé dur, mais peu de retournement sont envisagés avec un potentiel légèrement affecté », souligne Jean-Luc Lespinas, responsable agronomie de la Cavac, une coopérative vendéenne. Enfin, si chez Geosys, Franck Lonca,analyste agricole, confirme que, selon les observations satellites, les cultures dans un large quart nord-est de l’Hexagone ont été touchées par le gel, il estime que les dégâts sont difficiles à estimer. « Une baisse de l’indice de végétation est observée sur le nord-est de la France, mais plus ponctuellement sur le reste du pays », déclare-t-il en expliquant que les dégâts seront mieux estimés fin mars lorsque les parcelles réellement détruites seront ressemées.

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