Abonné

Le groupe Avril a creusé sa perte nette en 2017

- - 4 min

Les résultats 2017 publiés le 4 juillet par le groupe Avril témoignent de ses difficultés rencontrées dans la production de biodiesel, les activités œufs et les huiles et condiments en France. Sa rentabilité, mesurée par l’Ebitba a baissé à 121,9 M€ et sa perte nette s’est creusée à 56 M€, pour un chiffre d’affaires en hausse à 6,23 milliards d’euros.

Sans fanfare ni trompette, le groupe Avril a publié le 4 juillet sur son site internet son rapport annuel pour l’exercice 2017. Après un exercice 2016 marqué par une conjoncture défavorable sur l’ensemble de ses métiers, l’année écoulée a été plus contrastée. Ces chiffres témoignent de difficultés rencontrées essentiellement dans la production de biodiesel, ses activités œufs et ses huiles et condiments en France, que n’ont pas réussi à compenser les bonnes performances "dans l’oléochimie, la filière porc, Sofiprotéol, Sopral ou encore Terrial – qui a triplé ses résultats –," a souligné Jean-Philippe Puig, le gérant de la SCA Avril.

Baisse de la rentabilité

En 2017, le chiffre d’affaires d’Avril a ainsi progressé de 6 % à 6,23 milliards d’euros "tiré par la hausse du prix des matières premières et par nos activités à l’international", a précisé Aymeric Mongeaud, le directeur administratif et financier. À l’inverse l’Ebitda, qui mesure la rentabilité, s’est contracté à 121,9 millions d’euros, contre 144 millions un an auparavant et la perte nette s’est creusée à 56 millions d’euros (-51,6 M€ en 2016).

Une rentabilité certes globalement dégradée, "mais la solidité du groupe n’est pas remise en cause", affirme cependant Jean-Philippe Puig. Côté bilan, le niveau d’endettement a progressé, sans qu’Avril n’en donne le montant, "mais reste maîtrisé et limité par rapport à nos capitaux propres qui s’élèvent à 1,75 milliard d’euros", indique le directeur financier. En 2016, la dette financière d’Avril était tombée à 270 millions d’euros, pour 1,8 milliard de fonds propres.

La production de biodiésel à la peine

Dans la filière œufs, "nos prix d’achat ont été lourdement impactés par la flambée des cours des œufs coquilles engendrée par la crise du Fipronil – qui n’a pas concerné les filières d’approvisionnement d’Avril" a souligné le groupe. La poursuite de la mutation du modèle du groupe pour répondre à la demande des consommateurs en faveur des œufs alternatifs suit son cours et devrait porter ses fruits en 2019.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Dans le biodiesel, les marges du groupe ont été pénalisées en 2017 par "l’ouverture du marché européen aux importations de biodiesel de soja d’Argentine et de biodiesel de palme d’Indonésie" qui arrivent sur le marché à des prix très bas. Du nouveau est attendu à l’automne sur la plainte pour concurrence déloyale déposée à Bruxelles contre le biodiesel Argentin.

Enfin, dans les huiles et condiments, les marges ont "été prises en étau entre la pression de la grande distribution et la flambée du prix des matières premières", a expliqué Jean-Philippe Puig. Concernant d’ailleurs les prochaines négociations commerciales, sachant que les dernières "ont été plus dures que jamais" selon lui.

Le plan stratégique 2020 validé

Selon Aymeric Mongeaud, les performances 2017 d’Avril "illustrent la solidité du Groupe et valident pleinement la pertinence des actions entreprises dans le cadre du plan stratégique Avril 2020". En attendant, pour 2018, Avril prévoit de "privilégier des investissements qui offrent des perspectives de rentabilité rapide et permettent de consolider un socle résilient d’Ebitda moins sensible à la volatilité des marchés" a précisé le directeur financier.

"La solidité du groupe n’est pas remise en cause", Jean-Philippe Puig, gérant de la SCA Avril