Alors que la viticulture française est considérée comme excédentaire et orientée vers une politique d’arrachages, certains marchés d’exportation se développent rapidement au point que répondre à la demande peut devenir difficile. Tel est le constat du groupe Castel, présent sur le Salon des vins de Loire, et de ses filiales en Asie et en Russie.
«En Russie, nous n’avions pas commencé à exporter il y a seulement 10 ans. En 2008, ce pays est devenu notre deuxième marché d’exportation après le Royaume-Uni. En Chine, nous avons créé une filiale en 2001. Depuis la Chine est devenu le 4e ou 5e marché d’exportation du groupe », explique Franck Crouzet, directeur communication du groupe Castel.
Et il ajoute : « Si nous n’avions pas de problème de volume, nous aurions développé davantage nos ventes en Asie ».
Un autre marché a un fort potentiel : les Etats-Unis. Compliqué, il demande une approche commerciale Etat par Etat. Mais les restrictions pour le groupe ne sont pas tant le fait des difficultés commerciales que la capacité à abonder ses marques en qualité et en quantité.
Exemple : sous la marque Plessis Duval, en Cabernet d’Anjou (rosé), le groupe a vendu 800 000 bouteilles en 2007 ; 1,5 M de bouteilles en 2008 et devrait en vendre 2 millions en 2009.
« Nous ne pouvons pas attaquer de nouveaux marchés. Nous entretenons nos marchés », regrette Frank Crouzet.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Val de Loire : diversité et qualité des vins blancs
C’est pourquoi le groupe Castel tente de nouer des partenariats avec des viticulteurs français afin d’assurer des volumes avec une qualité garantie, principalement dans deux grands vignobles. Pour les rouges, le Languedoc-Roussillon offre un large choix avec un bon rapport qualité prix. Pour le blanc, le Val de Loire a un potentiel important en diversité et en qualité avec des prix intéressants. Le groupe Castel est bien implanté dans ces vignobles, à travers des achats de sociétés notamment. En Val de Loire, il a acheté récemment les entreprises Sautejeau-Beauquin et Friedrich (leader du bag in box en France). Le site de Sautejeau-Beauquin (Loire Atlantique) ouvrira ce semestre le plus grand site d’embouteillage d’Europe avec un bâtiment de 45 000 m 2 qui regroupe un centre d’embouteillage, un outil de vinification, une plate-forme logistique et de stockage…
Devant les perspectives qu’offrent les pays émergents aux vins français, la question qui s’impose est : faut-il continuer à arracher en France ?
« Ce n’est pas inquiétant si on arrache ce qui ne se vend pas,estime Franck Crouzet. Mais si, par exemple, l’arrachage continue en muscadet, il deviendra difficile de s’approvisionner lors de petits millésimes comme celui de 2008 ».
L’entreprise familiale Castel, numéro deux mondial du vin par les volumes vendus (marques : Baron de Lestac, Vieux Papes, Plessis Duval, Roches Linières, Galhaud…), a réalisé un chiffre d’affaires viticole 2007 de 1,10 M€ et commercialisé 579 millions de bouteilles.