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Stratégie/Sucre Le groupe coopératif Cristal Union, armé pour de nouvelles acquisitions

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Le 5e sucrier européen lance un nouvel emballage biosourcé destiné à remplacer à terme sa fameuse boîte rose. Il répond ainsi aux préoccupations des consommateurs de plus en plus sensibles à l’éco-responsabilité. Il a quasiment digéré l’acquisition de la Vermandoise, effectuée en octobre 2011 auprès de la famille Delloye et se dit prêt à de nouvelles acquisitions, profitant de la fin des quotas programmée pour 2017. Cet après-quota l’incite à développer fortement ses surfaces betteravières françaises.

Tous les indicateurs de Cristal-Union sont au vert. De quoi voir la vie en rose pour le 5e sucrier européen ! Prévue pour 2017, la fin des quotas ouvre le champ des possibles. Le groupe coopératif sucrier français, challenger de Tereos, parie sur l’avenir. Ses dirigeants tablent sur une compétitivité encore accrue de ses sites industriels qui leur permettra d’être prêt dans 3 ans, au moment de la libéralisation des marchés. Et ceci, d’autant que le groupe possède 3 ou 4 des plus grosses usines européennes !
« Entamée en 2006, la modernisation de nos outils industriels est quasiment achevée», précisait Alain Commissaire, le directeur général du groupe coopératif qui tenait une conférence de presse le 27 septembre dernier en compagnie d’Olivier de Bohan, président du groupe sucrier coopératif.
Cristal Union, qui a investi 750M€ depuis 5 ans (principalement dans des transferts d’énergie du fuel vers le gaz et dans des opérations d’amélioration de process). Il prévoit d’investir encore 50M€ pour optimiser ses sites de Corbeilles et de Pithiviers.
Ainsi, au moment même où se tenait la conférence de presse à Paris, la presse régionale champenoise annonçait la fermeture du site de Sermaize-les-Bains en 2014 et le rapatriement des 65 salariés sur Bazancourt.
Avant de conditionner du sucre de bouche à destination de la RHF et de la GMS à la marque Daddy, Sermaize était une sucrerie fondée en 1884 et passée dans le giron de Cristal Union en 2003.
 
Le pari de la chimie verte
« Nous sommes arrivés aujourd’hui à un point d’inflexion », précisait Alain Commissaire. D’abord, la disparition des quotas va permettre aux betteraviers français de prendre toute leur place. « C’est notre premier pari, expliquait-il. Il s’agit de démontrer que produire du sucre est plus rentable que l’importer des pays ACP et PMA ou de raffiner du sucre roux ! ». Priorité au rendement sucre/ha, lançait de son côté Olivier de Bohan pour qui « des rendements en hausse permettent de saturer les usines et d’écraser les charges ».
Cristal Union veut donc accroître sa sole betteravière de 15% d’ici 2017, soit 15 000 à 20 000 ha de plus que la sole actuelle (138 000 ha). Une montée en puissance qui permettra au 5e sucrier européen d’accroître le nombre de jours de campagne de certaines de ses sucreries, (en particulier les trois usines situées au sud de Paris comme Corbeilles en Gâtinais, Pithiviers et Toury) et qu’il a racheté à La Vermandoise en 2011.
L’alcool et l’éthanol constituent le second pari du groupe. « Malgré le coup d’arrêt mis par les autorités françaises et européennes, nous faisons ce pari sur l’avenir et travaillons d’arrache–pied à la mise en place de la seconde génération », a expliqué Alain Commissaire tout en reconnaissant que « le groupe avait moins de visibilité » sur ce dossier-là.
Enfin, Cristal Union fait plus que jamais le pari de la chimie verte. En détenant 17,8% du capital de la société ARD (raffinerie végétale et chimie verte basée à Bazancourt), et en venant d’augmenter sa participation financière dans la jeune start-up Global Bioénergies qui vient de lever 23 M€ en juillet dernier, Cristal Union répond à la sensibilité accrue des consommateurs pour les produits éco-responsables. Il vient de lancer une nouvelle boîte de sucre en poudre composée à 90% de plastique végétal (voir encadré).
On ne peut s’empêcher de penser que Global Bioenergies, la seule entreprise européenne à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation, n’y est pas étrangère !
 
A la conquête de nouvelles entreprises
Cristal Union a digéré l’acquisition de La Vermandoise (acquise à la famille Delloye pour un peu moins d’1 milliard d’euros). « La page est tournée et nous en avons remboursé la partie la plus importante », a précisé le directeur général. Une nouvelle restructuration se prépare et le 5e sucrier européen se montre très attentif à toutes les opportunités qui pourraient se présenter. « On est à la conquête de nouvelles entreprises », confiait-il.
Sa situation financière le lui permet. Les comptes définitifs seront arrêtés au 30 septembre 2013, mais les dirigeants ont déjà une bonne idée des principaux indicateurs: le chiffre d’affaires devraient dépasser les 2 Md d’euros, l’EBE passer de 305 à
380 M€ et la dette diminuer de 629 à 437 M€. Cristal Union devrait voir ses capitaux propres se renforce de 27% passant de 834 à 1 058 M€.
Objet de forte préoccupation pour l’industrie sucrière européenne : le Brésil. Le pays vient de voir sa monnaie dépréciée de 18%, amenant actuellement le prix du marché mondial du sucre en dessous des prix de revient du Brésil.
En fonction de l’évolution du real et du dollar, le Brésil pourrait ne plus être si compétitif dans les 3 à 4 ans qui viennent. De quoi donner de nouvelles envies aux majors de l’industrie sucrière mondiale !

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