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Le groupe sucrier Tereos renoue avec les bénéfices

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Tereos est revenu dans le vert en 2019-20, profitant notamment d’une reprise des cours du sucre européen au 2e

> semestre de l’exercice, a-t-il indiqué le 3 juin.

Le groupe dégage un résultat net de 24 M€ (contre -260 M€ l’an dernier) avec un Ebitda de 420 M€ (+53 %) en hausse dans toutes les divisions. Son chiffre d’affaires ressort en légère croissance à 4,5 Mrd€ (+1,2 %), porté par des volumes de production qui augmentent en sucre (+4 %, à 4,5 Mt), alcool (+7 %), amidon (+4 %). Parmi les facteurs d'embellie, une plus-value de 140 M€ après le désengagement du partenariat avec la société italienne Etea. Et un rebond sur le marché européen du sucre où Tereos réalise 23 % de son résultat opérationnel. Cela influe sur le résultat net qui, négatif de 21 M€ au 1er semestre, bascule sur le 2e semestre en positif de 45 M€.

Le groupe profite d’un « assainissement du marché européen », qui a résorbé son excédent de sucre, avec des prix en hausse de 58 €/t sur les six derniers mois pour atteindre 370 € en clôture d’exercice fin mars. Ils ont même atteint 375 € en avril, à contre-courant des cours mondiaux plombés par la crise pétrolière et ses conséquences sur l'éthanol.

La betterave payée 21,17 €/t sur la récolte 2019

De quoi regonfler le moral des planteurs qui, sur la récolte 2019, ont reçu de Tereos 21,17 € par tonne de betterave (avec prime, hors dividendes et intérêts aux parts), contre un prix annoncé chez Cristal Union à 22,50 €/t, chez Saint Louis Sucre à 24,87 €/t. Le président du conseil de surveillance Jean-Charles Lefebvre relativise ces chiffres : « Depuis quatre ans, notre coopérative a offert l’une des meilleures rémunérations de la betterave quels qu’aient été les environnements de marché. Plus de la moitié de la différence du prix avec nos concurrents français provient des dividendes reçus de la diversification du groupe. Sur les cinq dernières campagnes, ce sont près de 150 € de dividendes par hectare et par an que les coopérateurs de Tereos ont reçu grâce à notre stratégie de diversification. »

Un peu plus de la moitié de l’Ebitda est issu de la division Sucre international (222 M€, +32 %), près d’un quart vient de l’activité historique Sucre Europe (95 M€, +157 %) et quasiment autant de la division Amidon et produits sucrants (93 M€, +7%). Pour expliquer ses meilleurs résultats, Tereos met en avant des hausses d’activité mais aussi un programme Ambitions 2022 qui porte ses fruits. Le plan de compétitivité et de transformation enregistre en effet 75 M€ de gains un an et demi après son lancement, dont 60 M€ sur l’exercice.

Les marchés du sucre restent « sains » malgré le coronavirus

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La pandémie de Covid-19 a entraîné dans la branche alcool des évolutions très disparates. Constituée pour moitié de produits pour la pharmacie et les spiritueux, et pour l'autre moitié de l'éthanol, elle a connu une forte croissance, pour la première, liée aux besoins pharmaceutiques, et une baisse de consommation pour l'éthanol allant jusqu’à 55 % en avril. Outre cette baisse des volumes, la crise pétrolière a provoqué une baisse des prix de l'éthanol de 30 % depuis le début de l'année.

Conséquence de cette chute de la demande en biocarburant, le Brésil a redirigé une grande partie de sa canne vers la production de sucre, faisant plonger les cours mondiaux de 15 cents américains la livre à 8 cents, avant de remonter à 10 cents. Tereos affirme avoir couvert plus de 80 % de ses ventes 2020-21 sur les marchés à terme avant la crise, à un prix moyen de 13,8 cts/lb. Côté perspectives, le groupe juge les équilibres de marchés du sucre comme étant « sains » à la fois sur le plan mondial et européen.

Par ailleurs, l'assemblée générale des coopérateurs, qui aurait dû se tenir en juin, a été reportée du fait de la pandémie et devrait se tenir à l'automne.

Le plan de transformation Ambitions 2022 porte ses fruits

Ouverture du capital : « pas de calendrier arrêté »

S’agissant du projet d'ouverture du capital, il est toujours à l'étude, a indiqué le président du directoire Alexis Duval précisant qu'aucun calendrier n'avait été arrêté à ce jour. C’est « un enjeu sur le long terme », d’après lui. La coopérative, qui par nature est limitée en fonds propres, subit « une grande volatilité des résultats » liée à la fin des quotas. Tereos a donc besoin de « réfléchir à la structure de capital (…) pour poursuivre une stratégie de développement ». Le groupe reste lourdement endetté, à 2,5 Mrd€, en légère baisse (-73 M€) par rapport à l'an dernier.