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Paul Le Bars, directeur du pôle Volailles de Maïsadour « Le Label rouge reste le cœur de notre activité »

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Alors que Maïsadour a récemment pris le contrôle des Fermiers du Sud-Ouest, son directeur du pôle Volailles Paul Le Bars précise le contenu de sa feuille de route 2026. L’objectif ? Une « croissance mesurée » de 20 % du chiffre d’affaires.

Que représente la volaille pour le groupe Maïsadour ?

En additionnant toutes nos activités « plumes », les volailles représentent 600 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires chez Maïsadour, dont 200 à 220 M€ pour Fermiers du Sud-Ouest (FSO), notre pôle volailles de chair. FSO commercialise 30 millions de volailles par an, élevées par 1 000 producteurs, dont la moitié est chez Maïsadour. La volaille est une activité stratégique pour notre groupe, elle occupe beaucoup de ses producteurs actionnaires et est très implantée sur le territoire. La récente reprise des 49 % de Terrena dans l’actionnariat de FSO matérialise notre volonté de développement (lire l’encadré).

Vous visez une progression de 20 % de votre chiffre d’affaires en volailles d’ici 2026. À travers quels axes de développement ?

Nous voulons poursuivre la croissance sur nos points forts, mais aussi nous développer dans des secteurs que nous n’avons pas encore suffisamment explorés. Nous visons une croissance mesurée dans les années à venir. FSO est le deuxième opérateur français en Label rouge. Nous continuons de croire à ce signe de qualité, qui reste le cœur de notre activité. Nous voulons maintenir notre particularité du poulet en totale liberté, qui fonctionne bien dans les circuits traditionnels et à l’export.

Quels sont les nouveaux secteurs que vous voulez explorer ?

Nous voulons développer les produits élaborés, qui connaissent une belle croissance. Actuellement, nous allons jusqu’à la première transformation, qui s’arrête chez nous aux produits marinés. L’idée est de passer à la saucisserie, aux brochettes, voire aux produits cuits, en fonction des moyens. Un autre créneau que nous voulons explorer, c’est celui de la restauration hors domicile, un secteur « trusté » par les importations et où nous sommes peu présents.

Lire aussi Volailles : Maïsadour vise +20 % de ventes en cinq ans et investit 15 M€ à Condom

Nous voulons aussi être présents sur l’entrée de gamme, avec notre marque « Poulet d’ici » lancée il y a trois, quatre ans. Cette marque est destinée à notre zone de chalandise du grand Sud. Elle est en phase avec les attentes sociétales – circuits courts, alimentation des animaux avec du soja local non déforestant, production locale de la naissance des poussins jusqu’à l’élevage –, avec une meilleure accessibilité prix que le Label.

D’où la modernisation de votre usine de poulets standard à Condom (Gers)…

Oui, nous y avons investi 15 M€. En l’absence de modernisation, le site risquait de sortir du marché en raison de coûts de production trop élevés. Nous avons remodelé la partie découpe, pour améliorer les conditions de travail et augmenter notre capacité de découpe. L’idée n’est pas d’augmenter beaucoup la capacité globale de l’usine : le site abat 200 000 poulets par semaine ; il pourra passer à 250 000, dont 85 % de découpe. Notre ambition est surtout d’en commercialiser un maximum sous la marque « Poulet d’ici », au moins 50 %.

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Quelle sera la place de l’export dans votre développement ?

La croissance se fera surtout hors de nos frontières. Nous avons une réelle carte à jouer, car nous sommes le premier exportateur français : Fermiers du Sud-Ouest exporte un poulet Label rouge sur deux. Historiquement, les Fermiers landais (l’une des trois « sociétés filles » de FSO, NDLR) sont très présents en Europe du Nord. L’export représente 20 % des ventes de Fermiers landais, contre 10 % pour FSO. Il faut que l’on pousse les feux pour les Fermiers du Gers et du Périgord. Hors influenza aviaire, nous vendons aussi en Asie et au Moyen-Orient.

Quel a été l’impact de l’influenza aviaire sur l’activité volailles de Maïsadour ?

À cause de l’influenza, cinq millions de volailles n’ont pas pu être produites chez nous, dont trois millions pour FSO. Contrairement à l’Ouest, nos couvoirs ont été préservés, nous n’avons pas donc de difficultés particulières pour redémarrer la production. Après quatre épisodes d’influenza, nous avons gagné en expérience et en agilité.

Comment envisagez-vous la suite avec une maladie qui semble devenir endémique ?

Personne ne peut dire qu’il n’y aura plus d’influenza. Si la maladie refait son apparition, nous devrons la maîtriser pour qu’elle diffuse le moins possible. Cela passe toujours, avant tout, par la biosécurité. Ensuite, il y a le contrôle des animaux et la surveillance de l’environnement pour détecter la maladie le plus tôt possible. Troisième point : notre retour d’expérience a montré qu’à chaque fois l’influenza partait du même secteur. Cette année, nous avons décidé, en concertation avec la filière canards, de baisser la densité dans les 68 communes de cette zone (le « plan Adour », NDLR). Enfin, nous avons optimisé notre gestion de crise, afin de réagir très vite et très fort, prendre des décisions très rapidement.

Ambitions en produits élaborés, entrée de gamme et RHD

« Personne ne peut dire qu’il n’y aura plus d’influenza aviaire »

Maïsadour prend le contrôle de Fermiers du Sud-Ouest

Annoncé fin juin, le rachat par Maïsadour des parts de Terrena dans Fermiers du Sud-Ouest (FSO) a « reçu un avis favorable de l’Autorité de la concurrence début juillet 2022 », a annoncé la coopérative landaise dans un communiqué le 6 octobre. Avec cette opération, Maïsadour devient seul maître à bord de FSO (29 millions de volailles par an, 496 éleveurs, 772 salariés sur cinq sites). FSO regroupe trois « sociétés filles », explique son directeur Paul Le Bars à Agra Presse : Fermiers landais, Fermiers du Gers et Fermiers du Périgord. Terrena détenait 49 % du groupe. Un partenariat qui remonte à 2010, juste après que Maïsadour a racheté les parts de Fermiers landais détenues par le groupe vendéen Arrivé. « On s’est retrouvés avec un outil, mais sans force de vente nationale », raconte M. Le Bars. Douze ans plus tard, « les épisodes successifs d’influenza aviaire et autres éléments conjoncturels ont conduit les groupes […] à réévaluer leur partenariat », indique le communiqué. Les deux coopératives conservent toutefois des « partenariats commerciaux spécifiques ». Les Fermiers landais sont à l’origine du premier Label rouge en 1965, avec leur poulet élevé en liberté.