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Le lien entre déforestation, agriculture, et maladies doit encore être précisé

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Dans une synthèse acceptée le 28 avril par la revue Environment Research Letters, une équipe de scientifiques français de l’Inrae, du Cirad, et du CNRS, confirme, sur la base de 165 articles publiés entre 1951 et 2018, que la déforestation et le changement d’utilisation des sols « sont associés avec des risques accrus pour de nombreux pathogènes ». Les chercheurs soulignent cependant que « le sujet n’est pas soutenu par beaucoup de preuves empiriques », et fait l’objet de biais liés aux modes en taxonomie ou en géographie. « Très peu d’études ont identifié ou mis l’accent sur les pathogènes à des échelles biogéographiques larges », poursuivent les chercheurs. Pour eux, la science « ne répond pas à la complexité » des maladies en se consacrant à des territoires trop limités, ou à des animaux vecteurs trop spécifiques, au risque de pas en mesurer toutes les causes. Car si l’agriculture est à l’origine du virus Nipah, rappellent les auteurs, la déforestation seule est la cause principale de l’ulcère de Buruli, quand le VIH serait, lui, lié à la consommation de gibier. Afin de mettre en œuvre des réponses efficaces, les scientifiques plaident pour « des programmes de surveillance coordonnés aux échelles mondiales et régionales, avec une gestion des maladies prenant en compte le changement d’utilisation des terres, les enjeux sociaux, et la protection de la biodiversité ».

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