Abonné

Prédateurs Le loup étend son territoire et son impopularité

- - 4 min

Des tirs de défense ont été autorisés par la préfet de la Meuse, où le loup a été signalé formellement depuis le 17 avril dernier. Dans l'Aude, les services ont la preuve de sa présence depuis mars. Une nouvelle attaque dans la nuit du 10 au 11 mai a indigné les éleveurs locaux.

La préfet de la Meuse a délivré, le 12 mai, une autorisation de tirs de défense contre le loup à trois éleveurs de ce département, après une attaque du prédateur dans la nuit du 10 au 11 mai, qui a causé la mort de quatre brebis et blessé deux autres, rapporte l'AFP dans une dépêche du 12 mai. « Les difficultés exprimées et les inquiétudes légitimes des éleveurs ont conduit à la délivrance de trois autorisations individuelles de tir de défense », ont indiqué les services de l'Etat. Le tir de défense, prévu par le Plan loup, est une dérogation exceptionnelle accordée par le préfet à l'interdiction générale de destruction du loup dans le cadre de la protection de l'espèce. Son objectif est d'empêcher l'attaque immédiate du troupeau par le loup. Limité aux pâturages mis en valeur par l'éleveur, il est réalisé à proximité du troupeau concerné et peut être mortel. La présence du loup avait été signalée formellement pour la première fois dans la Meuse, le 17 avril dernier, mais des attaques ont eu lieu depuis octobre 2013. Une vingtaine d'attaques tuant 37 ovins ont été recensées, selon la préfecture. Le loup occupe aujourd'hui tout le massif alpin et préalpin et est présent aussi dans la partie orientale des Pyrénées, dans le Massif central et dans le sud des Vosges, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Des individus isolés ont aussi été observés en Aveyron, dans le Gers et plus au nord dans l'Aube et en Haute-Marne.

La pression monte dans l'Aude

Une semaine plus tôt dans l'Aude, un autre carnage attribué au loup par les éleveurs aurait tué quatorze brebis, rapporte une dépêche de l'AFP du 9 mai. Un couple d'éleveurs des environs de Fanjeaux a retrouvé, le 6 mai, une partie de ses brebis égorgées : sept étaient mortes, sept autres ont été euthanasiées, huit ont été blessées. Le loup rôde dans le secteur dit du Razès, dans une zone vallonnée et peu peuplée sur le piémont pyrénéen aux confins de l'Aude et de l'Ariège, depuis au moins fin 2012, disent les éleveurs. Les services de l'Etat n'ont la preuve formelle que le loup a rejoint l'Aude que depuis le 7 mars 2014. Mais ils ne contestent pas que l'animal ait été présent depuis 2013, ni que le massacre de cette semaine puisse être son œuvre. La FDSEA de l'Aude réclame que l'Aude soit rapidement reconnu par l'Etat comme un territoire d'implantation à part entière du loup. A la direction départementale des territoires (DDTM), le directeur adjoint Marc Vetter fait état de 27 constats d'attaques pouvant être imputées au loup en 2014 et de 110 bêtes tuées.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Loup : le syndicalisme majoritaire veut rencontrer le commissaire européen à l'environnement

DANS un communiqué commun, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, les Chambres d'agriculture (APCA), la Fédération nationale ovine (FNO), la Section nationale des propriétaires ruraux (SNPR), ainsi que l'Association nationale des élus de la montagne (Anem) ont demandé à rencontrer le commissaire européen en charge de l'environnement, Janez Potocnik. Ils appellent à la révision du statut du loup établi par la directive européenne Habitats Faune Flore, alors que la Commission européenne propose la création d'une plateforme de concertation européenne sur la « coexistence entre grands carnivores et troupeaux ». « La volonté absolue de protéger le loup ne doit pas se faire au détriment de la dynamique économique et de la biodiversité des territoires ruraux », expliquent les syndicats, qui souhaitent que soient mises en place des « mesures qui protègent l'élevage en plein air dans les territoires de l'Union européenne où il est confronté à la présence de grands prédateurs ».