Neuf acteurs de l’emploi et de la formation ont interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur le marché des emplois liés à l’agriculture, le 27 février au Salon de l’agriculture. Les métiers du machinisme sont en tension et ne trouvent pas preneurs. Inversement, les diplômés de l’environnement ont du mal à trouver des offres.
Neuf acteurs de l’emploi et de la formation ont interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur le marché des emplois liés à l’agriculture, le 27 février au Salon de l’agriculture. « Nous manquons de visibilité. Nous devons faire (re) connaître de nombreux métiers agricoles aujourd’hui méconnus », nous explique Bernard Gardès, président de l’Anefa (employeurs et salariés de la production agricole). Selon la filière, 25 % des agriculteurs recrutent et 12 000 emplois salariés agricoles restent « vacants chaque année ». En production agricole, c’est notamment le cas en viticulture, bovins laitiers, maraîchage, grandes cultures et porcins. Par ailleurs, l’Apecita (emplois cadres, ingénieurs et techniciens de l’agriculture et de l’agroalimentaire) constate que les offres d’emploi pour les Bac + 5 manquent. Et dans le même temps, des emplois Bac + 2/Bac + 3 ne sont pas pourvus.
Le machinisme recrute
En tête de liste des métiers dits « en tension », ceux du machinisme agricole. « Le secteur est terni par une mauvaise image », déplore-t-on à l’Apecita. Pourtant, les machines sont à la pointe d’un point de vue technologique. Les métiers agricoles s’automatisent : « C’est moins pénible. » Selon les données d’Axema (constructeurs de machines agricoles), 4 000 postes seraient à pourvoir en 2017. En outre, « dans le machinisme 77 % des offres d’emploi déposées à l’Apecita sont en Contrat à durée indéterminé, contre 53 % dans les autres secteurs d’activité. »
La protection de la nature recrute peu
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À l’inverse, certaines filières n’offrent que très peu de débouchés. Mais en amont, l’enseignement et la formation agricole continuent d’en faire la promotion. Par exemple, les emplois liés à la protection de la nature et de la biodiversité sont peu nombreux, notamment en Bac + 5, explique-t-on à l’Apecita qui développe : « Les formations devraient adapter leur contenu pour orienter vers les métiers du traitement des déchets et de l’énergie où il y a des postes à pourvoir. » L’Apecita et d’autres ont des réunions régulièrement avec le ministère de l’Agriculture pour adapter les parcours d’enseignement et de formation au marché de l’emploi. « Nous avons alerté le ministère de l’Agriculture sur le décalage entre la formation et le marché de l’emploi », nous précise Mylène Gabaret, directrice de l’Apecita.
12 000 emplois salariés agricoles sont non pourvus chaque année.
F. Hollande : l’enseignement agricole doit s’adresser de plus en plus aux urbains
En visite au Salon de l’agriculture le 25 février, le président de la République est intervenu lors du colloque « Quel enseignement agricole en 2025 ? », au cours duquel il a plaidé, dans cette perspective, pour que « l’enseignement agricole s’adresse de plus en plus aux urbains. Beaucoup de jeunes des quartiers s’intéressent à l’agriculture, il faut que l’enseignement agricole les attire ». Pour ce faire, il propose par exemple de développer les internats. Il a aussi plaidé, d’ici 2025, pour une orientation des formations vers « les métiers liés aux services à la personne, les techniques liées à l’environnement, les innovations en matière de pratiques agricoles ». Il appelle également les « grandes régions » à investir dans les lycées agricoles et leurs exploitations.