En 2006, l’excédent de la balance commerciale du foie gras a dépassé le cap symbolique des 50 millions d’euros. Une production française en progression de 4%, des importations en recul de 18%, et des exportations en augmentation de 11% pour le foie gras cru ont favorisé ces résultats. Le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) s’est également félicité des actions menées en faveur d’une mise en rayon plus précoce qui a notamment permis au foie gras de réaliser une saison 2006-2007 en progression de 3,5% en volume et de 5,9% en valeur.
« Pour la première année, la France affiche un excédent de la balance commerciale dépassant 50 millions d’euros dans le marché du foie gras », s’est félicité Jean Schwebel, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). En 2006, les importations ont connu un repli de 18 % à 2 732 tonnes, avec une forte baisse de 23 % pour le foie gras de canard et de 6 % pour les importations de foie gras d’oie. L’approvisionnement en matière première à l’étranger ne représente plus aujourd’hui que 12 % de l’offre globale. La baisse des importations a été compensée par le développement de la production nationale qui a augmenté de 4 % à 19 552 tonnes. Dans le même temps, les exportations ont progressé de 11 % en volume pour le foie gras cru à 2 509 tonnes et de 15 % pour les préparations à plus de 75% de foie gras à 1 184 tonnes. Premier débouché de la France, l’Espagne conforte sa position puisque les exportations françaises en direction de ce pays ont augmenté de 25,3 % à 34,04 millions d’euros. Elle est suivie par la Belgique, pays vers lequel les exportations françaises ont diminué de 8 % à 11,886 millions d’euros, par le Japon (-2,1%), par la Suisse (+3,7 %) et par le Royaume-Uni (+7,4 %). Notons également la forte progression des exportations en direction de la Russie de 43 % à 1,77 million d’euros.
Mise en rayon précoce
La saison festive a représenté cette année 73% des ventes en grandes surfaces de foie gras « gencodés ». « Les actions menées en faveur d’un démarrage plus précoce de la période festive ont porté leurs fruits », souligne le Cifog qui compte poursuivre ses efforts de communication cette année, notamment auprès des jeunes générations. Au total, les ventes en grandes surfaces de foies gras « gencodés » ont progressé de 4,4 % en volume à 4 414 tonnes et de 6,8 % en valeur à 207,2 millions d’euros, « dans un contexte où l’alimentaire prend une place toujours moins importante dans le budget des ménages, où le pouvoir d’achat reste une préoccupation grandissante des Français et où les acheteurs ont réduit leur budget de produits festifs », se plaît à rappeler le Cifog. Le foie gras a recruté 128 000 nouveaux acheteurs sur l’ensemble de l’année 2006, passant de 41,8 % de ménages acheteurs en 2005 à 42,3 % en 2006. Le chiffre d’affaires de la filière a atteint 1,6 milliard d’euros.
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Confirmation de la reprise du foie gras d’oie
Si le canard garde et renforce sa position dominante avec une part de marché en volume de 95 % (+126 tonnes en 2006), le foie gras d’oie continue sa progression entamée il y a trois ans avec un gain en volume de 56 tonnes (+28 %). Ce segment reste néanmoins confidentiel. Le mi-cuit a gardé la préférence des Français (74 % de part de marché volume) qui s’orientent, par ailleurs, de plus en plus vers le foie gras entier (+116 tonnes vendues pour une part de marché de 35 %). Le foie gras garde encore les faveurs des Français puisque 81 % affirment qu’il est « un vrai plaisir à déguster », selon l’étude TNS Sofres menée pour le Cifog en décembre 2006. 73 % des personnes interrogées pensent que « c’est un produit actuel au goût du jour » et 63 % que « c’est un plaisir que l’on devrait s’offrir plus souvent ». Le Cifog semble confiant pour l’année 2007, précisant que « le foie gras a encore de belles marges de progression ». Néanmoins, la filière reste confrontée à des actions de plusieurs organisations anti-gavage, telles que Stop Gavage et Peta, qui ont annoncé avoir porté plainte pour maltraitance auprès de la Commission européenne contre les cinq pays européens producteurs de foie gras qui assurent 96 % de la production mondiale à savoir la France (75 %), la Hongrie (11 %), la Bulgarie (7 %), l’Espagne (2 %) et la Belgique (0,5 %). Les associations ont déjà obtenu l’interdiction du gavage dans certains pays de l’Union européenne, mais également en Israël depuis 2005. « Les animaux ne souffrent pas pendant le gavage et leurs foies ne sont pas malades car sinon les réglementations alimentaires nous interdiraient de les vendre », note Jean Schwebel. Il a, en outre, précisé que la profession s’est fixé comme « objectif d’abolir les cages individuelles d’ici 2015 ».