Abonné

Le méthane, un des leviers climatiques les plus efficaces à court terme

- - 3 min

Dans un rapport publié le 5 mai, le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et la Coalition pour le climat et un air propre (CCAP) estiment que la réduction du méthane est l’une des meilleures options à court terme pour refroidir significativement la température mondiale.

« La réduction des émissions de méthane est l’option la plus efficace pour avoir des résultats à court terme, et nous pouvons le faire avec des coûts négatifs », insiste Drew Schindell, chercheur à l’université de Duke, et l’un des auteurs du rapport publié conjointement par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et la Coalition pour le climat et un air propre (CCAP) le 5 mai.

Comme il le rappelle, le méthane est un gaz à effet de serre à fort pouvoir réchauffant, environ 25 fois plus que le CO2, mais à courte durée de vie. Ses variations, à la hausse comme à la baisse, ont un effet rapide sur la température. Selon les experts, une réduction de 45 % des émissions de méthane en dix ans, avec pour la plus grande partie des coûts négatifs à modérés, pourrait à elle seule entraîner une baisse de 0,3 °C de la température mondiale. Alors que le méthane est un précurseur d’ozone, un tel effort permettrait également selon les modélisations d’empêcher 255 000 morts prématurées par an liées à la qualité de l’air.

Les leviers dans le secteur agricole

Si près d’un tiers de ces gains (-0,1 °C) est à aller chercher dans le secteur des énergies fossiles, l’agriculture pourrait à elle seule participer à une baisse de 0,04 °C dans les dix prochaines années. Citant des études de 2013 de la FAO, ils estiment notamment que l’adoption des meilleures pratiques disponibles par l’ensemble de l’élevage mondial, en matière de nutrition et de sélection, permettrait une réduction de 31 Mt de CO2/ans des émissions de méthane. Les potentiels agricoles les plus importants seraient à chercher sur le continent africain, ainsi qu’en Amérique latine.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Les politiques orientées vers la productivité du secteur animal doivent cependant « être considérées avec prudence », alertent les chercheurs, dans la mesure où elles pourraient encourager « l’agriculture industrielle à grande échelle », avec des effets sociaux et environnementaux potentiellement indésirables. « Le moyen le plus rapide, et le plus direct de réduire les émissions agricoles serait d’avoir moins de bovins », tranche Drew Schindell.

Parmi les moyens d’atteindre les objectifs, les chercheurs évoquent également dans leur synthèse une réduction de la consommation de produits animaux, sans chiffrer toutefois le potentiel de cette mesure. « Nous ne sommes pas certains actuellement de la réponse des consommateurs à court terme », souligne Drew Schindell.

« Le moyen le plus rapide, et le plus direct de réduire les émissions agricoles serait d’avoir moins de bovins »