Abonné

Colloque de Farm Le Mexique veut faire de l’agriculture une des priorités du G20

- - 4 min

Le Mexique veut faire de l’agriculture une des priorités de sa présidence du G20, a indiqué Jorge Rueda Sousa, ministre conseiller chargé de l’agriculture à la mission du Mexique auprès de l’UE, lors du colloque annuel organisé par l’association Pluriagri et la fondation Farm, qui s’est tenu le 20 décembre. Le pays mettra notamment en œuvre le plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et pour l’agriculture adopté en juin 2011 par les ministres de l’Agriculture du G20.

Jorge Rueda Sousa, ministre conseiller à l’agriculture du Mexique auprès de l’UE, a annoncé que l’agriculture sera « un thème important de la présidence » du G20, maintenant assumée par le Mexique, après la France, en clôture du colloque annuel organisé par l’association Pluriagri, la fondation Farm (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde) et l’IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique). Un axe essentiel sera l’amélioration de la productivité, grâce à la recherche, à l’innovation et au renforcement de la vulgarisation agricole « en mettant l’accent sur la recherche variétale, dans des conditions de durabilité environnementale ».
« Les petits agriculteurs sont la base du développement », a-t-il par ailleurs souligné. Le plan pour les petits agriculteurs consiste à élever leur niveau d’éducation et les faire bénéficier des acquis de la recherche. Mais « il ne faut pas oublier que la population agricole vieillit » : la moyenne d’âge « est de 55 ans chez vous, mais au Mexique elle est de 59 ans », montrant que le problème démographique de la paysannerie n’est pas réservé au Vieux Continent.
Enfin, le représentant mexicain a insisté sur la valorisation des déchets dans la chaine agroalimentaire et agroindustrielle.

Farm : pour nourrir le monde, donner plus de perspectives aux agriculteurs

Pour nourrir un monde de 7 milliards d’habitants il faudra donner plus de perspectives aux paysans, ont clamé des agriculteurs des pays du sud invités à la table ronde du colloque. « Si les agriculteurs sont traités comme des employés, il leur faut un bon salaire. Si on les paie mal, ils céderont au pessimisme et on ne sortira pas des crises alimentaires », a déclaré Raul Montemayor, membre du conseil politique de la fédération des agriculteurs libres (FFF) des Philippines. Ibrahim Coulibaly, président de la coordination nationale des paysans du Mali, a ajouté qu’on ne peut en même temps s’apitoyer sur les pays déficitaires sur le plan alimentaire et ne rien faire pour qu’ils mettent en place des politiques agricoles.
Pourtant, vaincre la faim et la malnutrition est une condition impérative de la paix et de la sécurité mondiales, ont rappelé de nombreux intervenants à ce colloque, dont Henri de Raincourt, ministre de la Coopération.
Pour attirer les jeunes à s’installer en agriculture, et pour maintenir la stabilité politique des pays, il est essentiel de remédier à l’instabilité des prix. La volatilité des prix décourage la production agricole en période de prix bas, ce qui rend les consommateurs encore plus vulnérables aux périodes de cours élevés. Franck Galtier, chercheur au Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, a évoqué plusieurs moyens de réduire l’instabilité des prix. Dont un qui consiste à augmenter le niveau des stocks mondiaux de céréales. « En effet, a-t-il décrit, les stocks permettent de tamponner et d’amortir l’ensemble des chocs susceptibles de provoquer une flambée de prix (biocarburants, bulle spéculative, sécheresses) ». Il faudrait pour prendre une telle mesure un accord international pour répartir le fardeau du stockage des céréales, que les pays tendent à faire porter sur les autres.
En France, « c’est cinq millions de tonnes de capacités de stockage que nous envisageons de construire, en partie pour compenser celles qui ont été fermées », a indiqué pour sa part Pierre-Olivier Drège, directeur général de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) et d’Unigrains, l’établissement financier des céréaliers.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

production agricole
Suivi
Suivre
céréales
Suivi
Suivre