C’est une assemblée de professionnels agricoles dubitatifs et sceptiques que le ministère de l’Ecologie a tenté de rassurer, le 22 janvier à l’APCA, en présentant la méthode qui doit mener à la mise en place de la trame verte et de la trame bleue sur le terrain.
«Si la trame verte et la trame bleue ne sont pas comprises comme des outils d’aménagement du territoire, alors on aura perdu (la bataille) sur le terrain ». Pour Christian Barthod, directeur-adjoint de l’eau et de la biodiversité au ministère de l’Ecologie, il est crucial que les acteurs du monde rural, au premier rang desquels les agriculteurs, s’approprient le nouvel outil de préservation et de restauration de la biodiversité qu’est la trame verte et bleue. Le représentant des pouvoirs publics a donc tenté de déminer le terrain lors d’une Journée nationale « Eau » organisée le 22 janvier à Paris par l’APCA (chambres d’agriculture) et la FNSEA.
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Premier argument mis en avant par Pascal Barthod, le caractère contractuel de la démarche. Si les documents d’urbanisme pourront en effet se référer à la future trame verte et bleue, ils n’auront toutefois « aucune compétence pour définir le mode gestion » qui s’appliquera sur les zones concernées. En outre, avance-t-il, c’est par la concertation que seront élaborés les schémas régionaux de cohérence écologique. « C’est dans chaque région que cela va se faire, avec un arbitrage entre le conseil régional et le préfet de région. On travaille actuellement au document-cadre, avec l’espoir d’avoir en mars une première version. On reprendra entre juillet et septembre le résultat des concertations pour faire évoluer le document national (un guide méthodologique) », a assuré le représentant du ministère de l’Ecologie. Par ailleurs, le schéma sera destiné à être évalué « périodiquement ». Et d’ajouter : « Au sein du comité opérationnel du Grenelle chargé de la trame verte et bleue, je n’ai pas identifié de discours militant visant à restaurer la nature comme il y a 8000 ans ». Pas sûr que cela suffise à rassurer les agriculteurs.