Le Modef et la confédération paysanne s'opposent à certains aspects du plan d'investissement et de renforcement de la biosécurité défendu par la Cifog. Ils ont annoncé leur volonté de manifester le 23 juin.
Le Modef et la confédération paysanne s'opposent à certains aspects du plan d'investissement et de renforcement de la biosécurité défendu par la Cifog. Ils ont annoncé leur volonté de manifester le 23 juin.
Le Modef et la Confédération paysanne ont annoncé, par un communiqué du 13 juin, qu’ils manifesteront lors de l’assemblée générale de l’interprofession du foie gras (Cifog), le 23 juin à Mont de Marsan. Les deux syndicats s’opposent à certains aspects du plan d’investissement et de renforcement de la biosécurité porté par le Cifog depuis février, notamment en ce qu’il concerne les élevages « traditionnels et autarciques ». Ils estiment plus généralement que l’interprofession ne les représente pas et qu’elle serait aux mains des industriels. Elle ne dénoncerait pas assez les « excès » de ces derniers. Depuis le début du printemps, ce plan est peu à peu mis en œuvre par les autorités, et donne lieu à d’intenses discussions dans la filière. Fin mars, l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a repris une partie de ce plan dans le cadre d’un arrêté, qui signait l’obligation pour les élevages de moins de 3 200 animaux d’être capables de confiner leurs animaux durant les périodes de risques.
Actuellement, la DGAL continue ce travail de mise en œuvre au travers de l’élaboration d’un nouvel arrêté, modificatif de l’arrêté de biosécurité paru au début de l’année dernière. Il s’agit d’adapter les règles à la virulence de la dernière épizootie de H5N8, et à de nouvelles connaissances sur la propagation du virus, explique-t-on à l’Itavi. Cet arrêté pourrait inclure par exemple une couverture obligatoire de l’alimentation des canards ; il s’agit de ne pas attirer l’attention les migrateurs en vol au-dessus des élevages. On ne sait pas à ce jour si l’arrêté porte sur l’abreuvement des animaux, comme le craignent la Conf' et le Modef.
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Des audits d'exploitation sont prévus
Enfin, le Cifog propose également un accord interprofessionnel pour aller plus loin que les règles des autorités sanitaires, et qui devra être signé par le ministère de l’Agriculture pour être appliqué à l’ensemble des acteurs de la filière. Il inclurait notamment la mise en place d’audits des exploitations, en plus des contrôles réglementaires classiques, afin de vérifier la bonne application des règles de biosécurité. Mais les modalités de ces audits (coût, fréquence) ne sont pas encore connues.
Les deux syndicats craignent que l’audit soit obligatoire, annuel et à la charge des exploitations. Et ils demandent l’abandon d’un tel projet. Ils craignent également que l’interprofession ne veuille imposer aux éleveurs « traditionnels et autarciques » d’abreuver leurs animaux à l’intérieur des bâtiments. Et demandent aussi l’abandon d’un tel projet s’il existait. À l’heure où nous écrivons, le Cifog n’a pas donné suite à nos sollicitations, mais assure que les allégations de la Conf' et du Modef ne sont pas complètement exactes.