Les maïsiculteurs réclament plus de sécurité face aux aléas climatiques et économiques qui se multiplient, fragilisent leur filière et mettent « en danger » le « modèle agricole français ». Diverses propositions sont mises sur la table par l’AGPM, à la fois sur l’assurance récolte et la future Pac.
« Nous demandons un vrai plan agricole européen, avec un budget adapté, passant par plus de flexibilité », a déclaré le 3 janvier Daniel Peyraube, président de l’AGPM. « La politique agricole commune d’aujourd’hui ne permet pas de répondre aux aléas climatiques et économiques » qui se multiplient, a-t-il ajouté, ce qui est dommageable puisque l’UE ne produit pas suffisamment de maïs pour sa propre consommation et doit importer chaque année quelque 10 Mt.
L’an dernier, malgré de très mauvaises conditions climatiques, les producteurs de maïs sont parvenus à maintenir un rendement moyen de 89 q/ha (90 en 2015), laissant apparaître des disparités régionales très importantes, liées à la présence ou non d’irrigation. L’Alsace, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Aquitaine ont pu obtenir des rendements honorables, essentiellement grâce à l'irrigation, tandis que l’Ile-de-France, la Bretagne, ou les Pays-de-Loire ont décroché. « L’irrigation a été la meilleure assurance, c’est ce qui a été visible encore cette année », a estimé Gilles Espagnol, responsable de la filière maïs chez Arvalis.
Mais la profession « est en souffrance » et il faut que les pouvoirs publics s’en rendent compte, a martelé Daniel Peyraube, vantant une filière « créatrice d'emplois et de valeur ajoutée ». La marge nette complète (aides incluses) des maïsiculteurs ressort quasi nulle en 2016 comme en 2015, selon l’AGPM.
Développer l’irrigation
« Un vrai plan agricole européen » passe par « plus de flexibilité » et un accompagnement des agriculteurs pour le stockage et la gestion de l'eau, a souligné Daniel Peyraube. « C’est primordial », d’après lui. « Il faut construire des ouvrages pertinents pour répondre à cette problématique et afin d'asseoir notre modèle agricole qui est en danger. »
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Face aux aléas climatiques, qui s’ajoutent à la faiblesse des cours pour la quatrième année consécutive, et à la concurrence accrue de maïs d’importation à prix bas, Daniel Peyraube a souhaité une amélioration de l’assurance récolte.
Rendre l’assurance récolte « plus attractive »
Et l’AGPM de formuler neuf propositions, considérant l’« échec » du contrat socle. « Le constat à l’issue de la première campagne » du nouveau contrat est « un échec : les surfaces assurées n’ont pas augmenté, voire diminué, en grandes cultures avec 26 % » sous assurance multirisques climatiques en 2016, a déclaré le directeur adjoint Matthieu Çaldumbide. « C’est un outil auquel on croit, reste à le rendre plus attractif », a-t-il souligné. Et de faire part des « remontées d’agriculteurs », qui marquent notamment le souhait de réintégrer les volumes indemnisés au cours des cinq dernières années dans le calcul du rendement assuré, généraliser la possibilité de majorer le rendement assuré de 15 %, maintenir un taux de subvention de base à 65 % pour tous, instaurer le paiement de la seule prime nette, revenir à une approche par culture et non par bloc, différencier les franchises des cultures irriguées, mieux valoriser la gestion de l’eau dans les tarifs, a expliqué l’association. Une autre proposition consiste à modifier la réglementation européenne en ramenant le seuil de déclenchement et la franchise à 20 % dans un cadre subventionné.
« La politique agricole commune d’aujourd’hui ne permet pas de répondre aux aléas climatiques et économiques » qui se multiplient.