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Loi d’avenir Le MRJC plaide pour un enseignement qui anticipe

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Alors que Stéphane Le Foll présentera, le 13 novembre, son projet de loi d’avenir agricole en conseil des ministres, le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) analyse le texte. S’il approuve les mesures en faveur de l’installation et de la préservation du foncier, il est plus critique sur le volet de l’enseignement agricole qui peine, selon lui, à se projeter.

Le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) a depuis le 1er septembre à sa tête un jeune en projet d’installation – éleveur laitier – de l’Anjou . Outre la jeunesse rurale, le nouveau président de l’association, Simon Besnard, fils lui-même de paysan, connaît donc bien les jeunes de l’agriculture et leurs préoccupations. Or, selon lui, il y a un point qui cloche dans ce projet de loi d’avenir agricole : c’est celui de l’enseignement agricole. Sur ce volet, « la formulation du texte est tellement générale que l’on ne peut pas être contre, commence-t-il. ‘Adapter ses missions aux apprentissages des nouveaux défis’... Ça, c’est une évidence. » Mais une évidence loin d’être suivie dans la réalité. En BEP, puis Bac pro de 2004 à 2008, « j’ai été formé avec encore l’idée que le sol était une ressource inépuisable... Le problème majeur de l’enseignement agricole est qu’il prend en compte l’évolution du monde agricole, une fois que celle-ci est effective. Autrement dit, on enseigne aux jeunes l’agriculture qui est en train de se dérouler et pas celle à laquelle ils vont avoir à faire », observe Simon Besnard. Pourtant, ajoute Maxime Bergonso, secrétaire national délégué à l’agriculture au MRJC, qui a fait des études de son côté dans l’enseignement supérieur agricole, « on jouit d’une assez bonne recherche agronomique en France qui devrait pouvoir s’incarner en effet dès le BEP ». Le MRJC plaide en faveur d’un enseignement « au niveau d’avance de la recherche agricole ».
 
Soutenir l’installation hors cadre familial
Consulté durant l’élaboration du projet de loi d’avenir par sa participation aux assises de l’installation, l’association porte un regard plus approbateur sur le dossier de l’installation, « bien inspiré » d’être accolé à celui du foncier, son cheval de bataille. « Tous nos travaux nous confirment en effet que le foncier est l’un des problèmes majeurs à l’installation, explique Maxime Bergonso. Donc mettre en commun le foncier et l’installation, c’est très pertinent ». Sur l’installation, la modulation de la DJA (dotation jeune agriculteur) en fonction de critères de sélection, défendue dans le texte de loi, est un point important, « qui va dans le sens de projets agricoles nouveaux et adaptés ». Cette modulation a pour objectif de, notamment, favoriser l’installation hors cadre familial, les zones défavorisées, les projets porteurs de valeur ajoutée et d’emplois et les projets à visée agro-ecologique.
Point positif également : le dispositif d’installation progressive qui permettra à chacun de prendre le temps de la réflexion sur son projet professionnel et de vie, selon l’association. Les Crit ou comités de suivi installation-transmission qui sont créés par la loi d’avenir, à l’échelle régionale, sont aussi une initiative intéressante, selon le MRJC qui demande néanmoins à voir, par la suite, dans le fonctionnement. Pilotés par l’État et les régions, ces Crit seront chargés de définir la stratégie régionale de l’installation et de s’occuper de l’offre de formations. Ils auront aussi pour mission de coordonner les structures départementales. À ce sujet, « il est important que le cadre national pour l’installation ait été conservé. Il permettra, sans nul doute, d’éviter les disparités », estime Simon Besnard.
 
Le GIEE, un cadre porteur pour le MRJC
Sur le plan du foncier, le président de l’association juge indispensable de renforcer le rôle des Safer, d’où son scepticisme à l’égard de l’ouverture de coopératives au portage temporaire de foncier, prévue dans la future loi d’avenir. « Si cela reste temporaire, cela peut convenir. Mais il ne faudrait pas que les coopératives prennent le pas sur les Safer ». L’ouverture de la gouvernance des Safer aux associations environnementales est aussi une avancée, selon Maxime Bergonso. « Mais l’ouverture à la société civile devrait aller au-delà des associations environnementales, et s’étendre à toutes les associations locales pertinentes sur le territoire concerné ». Sur le statut de l’agriculteur, le MRJC approuve l’abandon de la 1/2 SMI (surface minimum d’installation). « Cela replace l’homme et le travail au centre, indique Simon Besnard. Cependant, la proposition de l’AMA (activité minimale d’assujettissement) en remplacement reste à préciser ». Le président est également favorable à l’introduction des GIEE (groupements d’intérêt économique et écologique) qui vont permettre de « créer des dynamiques collectives, avec un cadre suffisamment large pour introduire des outils économiques intéressants, du type point de vente collectif, outil collectif, etc. ». Maxime Bergonso souligne enfin la politique publique de l’alimentation défendue par le projet de loi d’avenir agricole. « Il faut restaurer la confiance des Français à l’égard de l’alimentation qui est la finalité première de l’agriculture ». Pour ce faire, « il est indispensable de sécuriser encore plus les industries agroalimentaires, mais aussi de rapprocher le producteur et le consommateur en soutenant notamment, via les GIEE, de nouveaux circuits de distribution ».
Sollicité par le groupe « jeunes » du CESE (Conseil économique, social et environnemental) sur la loi d’avenir agricole, le MRJC devrait rendre ses conclusions cette semaine à l’institution.

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