Le nouveau président de la République argentine a confirmé l’élimination imminente des taxes et des restrictions aux exportations de blé et de maïs, ainsi qu’une baisse graduelle de la taxe sur les embarquements de soja. Cette annonce s’est traduite par une hausse notable du cours local des céréales. L’augmentation attendue des surfaces semées et l’ouverture du commerce extérieur augurent du retour en force de l’Argentine sur le marché mondial des céréales.
Élu lundi dernier (22 novembre) au deuxième tour des élections présidentielles argentines avec une faible majorité (51,4 % des voix), le maire sortant de la ville de Buenos Aires, Mauricio Macri, investira la fonction suprême le 10 décembre prochain. Il a déjà confirmé sa promesse de campagne d’éliminer la taxe sur les exportations de maïs (20 %) et de blé (27 %) tout comme leurs restrictions en vigueur depuis 2008 à travers un système de quotas critiqué par l’ensemble des syndicats agricoles argentins.
Un modèle agro-exportateur
Les opérateurs du marché à terme de Buenos Aires (MATBA) ont anticipé la nouvelle donne dès le lendemain du premier tour des élections, fin octobre, lorsque les positions mars 2016 pour le blé et le maïs sont passées d’un jour à l’autre, respectivement, de 161 US$/t à 175 US$/t et de 137 US$/t à US145 $/t. Cette différence de prix correspond, plus ou moins, à la valeur jusqu’ici captée par l’État argentin sur chaque tonne de céréales exportée. « L’optimisme règne sur les marchés, affirme le courtier Delfín Morgan. Nous revenons enfin à un modèle agro-exportateur qui est la base de notre économie », dit-il en opposition aux politiques de protection du pouvoir d’achat alimentaire des Argentins qui furent celles de la présidente sortante, Cristina Kirchner, dont le coût financier fut assumé par les producteurs d’aliments du pays sud-américain.
Pour l’heure, la fin des restrictions aux exportations de bœuf et de poudre de lait promise par Mauricio Macri lors de sa campagne n’a pas fait l’objet de déclaration officielle, le sujet étant sensible. La politique commerciale extérieure libérale qu’il met en place augure cependant du retour en force de l’Argentine non seulement sur le marché des céréales mais aussi sur celui des protéines animales.
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Baisse graduelle de taxe
Contrairement à la rumeur relayée par de nombreux médias selon laquelle le nouveau gouvernement comptait éliminer intégralement la taxe de 35 % sur les exportations de fèves de soja pour une durée de trois mois afin d’accélérer la vente des quelque 15 Mt de soja restantes de la récolte 2014/2015, ceci pour renflouer les réserves en dollars de la Banque centrale argentine, « son intention est d’abaisser le niveau de cette taxe graduellement, de 5 % par an. D’ailleurs, la position mai 2017 au MATBA reflète une baisse de 10 % », remarque l’analyste argentin du cabinet Agritrend, Gustavo López.
Un autre facteur déterminant la situation financière des producteurs argentins est le niveau du taux de change du peso avec le dollar, actuellement à 10 pesos pour 1 dollar. Les restrictions d’achat de dollars au taux officiel, en vigueur depuis trois ans, qui visent à limiter la dévaluation de la monnaie argentine, car les épargnants argentins sont assoiffés de dollars dans un contexte de forte inflation, ont débouché sur l’existence d’un taux de change informel à 15 pesos pour 1 dollar. Mauricio Macri veut revenir à un taux de change unique qui se fixerait, à court terme, à moins de 11 pesos pour 1 dollar, selon plusieurs sources consultées par Agra Presse.
Le 25 novembre, Mauricio Macri a annoncé le nom de son futur ministre de l’Agriculture, le syndicaliste agricole et député national, Ricardo Buryaile, de l’Union civique radicale.