Agriculteur dans l’Oise, Luc Rolland a été élu le 7 mars à la présidence de la section nationale des fermiers et métayers (SNFM) de la FNSEA, avec la volonté de réconcilier les fermiers et les bailleurs. Succédant à Sylvie Lebrun, il estime que sa section a obtenu «trop peu de résultats durant les deux derniers mandats».
Vous êtes le nouveau président de la SNFM, allez-vous changer de ligne syndicale ou de stratégie?
J'apporte une nouvelle approche. Il faut faire évoluer globalement le statut du fermage en gardant son équilibre et définir le statut de l’agriculteur professionnel, et non plus faire de petites retouches, dans un sens puis dans l’autre, qui ont pour conséquence de déséquilibrer l'ensemble de la loi. Le statut du fermage a 70 ans, nous voulons bien en reprendre pour 70 ans supplémentaires, comme le disent les Jeunes agriculteurs. Sauf que les attentes des bailleurs et des fermiers ont changé.
Lors de votre allocution au congrès de la FNSEA, vous vous êtes attaqué au travail à façon.
Je n’attaque pas le travail à façon mais il faut mettre en garde sur certains points car il est une réponse inadaptée à des questions réelles. Les propriétaires nous disent que beaucoup d’entre eux ne souhaitent plus mettre à bail car ils se sentent pied et poing liés avec le fermier. Et ils se dirigent vers des contrats plus précaires ou des formules de travail à façon intégral.
Nous ne sommes pas contre le travail à façon, mais contre le travail à façon intégral. C’est nocif pour la structure des exploitations et pour le travail dans les territoires. Si un entrepreneur peut créer de la valeur ajoutée, pourquoi pas un agriculteur?
Ce sera votre chantier prioritaire?
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Le travail à façon intégral n’est pas le sujet prioritaire de la SNFM. Nous devons protéger les droits des fermiers et mieux prendre en compte les attentes des bailleurs, pour conserver un statut du fermage vivant ; ils ont des mécontentements que les fermiers doivent comprendre et vice versa.
Cela fait 6 à 12 ans que nos relations se sont étiolées au point que l’on ne modifie plus le statut du fermage que point par point, créant de graves déséquilibres. Je vais prendre l’exemple de la modification du statut du fermage permettant de résilier un bail dans le cas d’une reprise familiale. Cette modification a créé un énorme déséquilibre qui a mis en danger de nombreuses exploitations.
Quel autre priorité voulez-vous mettre en avant?
La transmission. Il y a cinquante ans, une écrasante majorité des transmissions se faisaient de père en fils. Aujourd’hui 30% des reprises sont hors cadre familial. C’est un sujet majeur sur lequel il va nous falloir travailler.
Vous êtes le président de la réconciliation entre fermiers et propriétaires?
Il le faudra. C’était le sens de ma candidature. J’estime qu’il y a eu trop peu de résultats durant les deux derniers mandats. Je suis le défenseur du statut du fermage. On ne peut plus se permettre de perdre du temps.