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Politique française Le Parti socialiste plaide pour la relocalisation des productions agricoles

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Faire voyager les produits agricoles d’un bout à l’autre de la planète « n’a plus de sens ». Le PS défend les circuits courts et une taxation environnementale aux frontières. Dans un contexte de crise agricole extrêmement grave, le Parti socialiste demande « un plan d’urgence national » comme le gouvernement l’a fait pour le secteur de l’automobile.

«L’agriculture française ne résistera pas : le libéralisme des marchés que soutient le gouvernement français va mener à la catastrophe ». Le constat de Gerninal Peiro, secrétaire national à l’agriculture du PS, est sans appel. Pour ce député de Dordogne, département rural, le monde agricole est « à un tournant ». « La politique menée est en train de vider les territoires », ajoute-t-il.
Un des « arguments forts » à mettre en avant pour tenter de contrer ce courant libéral est d’utiliser le thème du réchauffement climatique. Selon lui l’argument social qui vise à focaliser l’opinion sur l’inégalité du traitement salarial d’un pays à l’autre du monde n’a pas fonctionné. « Tout le monde s’en balance. Les gens continuent à acheter des produits élaborés dans des pays qui n’hésitent pas à exploiter leur main-d’œuvre », explique le député. Même l’argument sanitaire ne passe pas. Selon lui, la prise de conscience des conséquences du réchauffement climatique peut marquer les esprit. C’est une bonne clé d’entrée.
Dans ce contexte, il faut « limiter les échanges de marchandises inutiles » d’un bout à l’autre de la planète en évaluant l’empreinte carbone des produits. L’idée est de « relocaliser les productions agricoles au niveau local en se tournant vers les circuits courts ». Mais il est indispensable de le faire aussi au niveau mondial. L’objectif est d’instaurer une taxation environnementale des produits. « Il faut une contribution climat énergie aux frontières », propose Germinal Peiro.

« On va revivre des jacqueries »
À plus court terme, le PS demande un « plan d’urgence national » pour les agriculteurs au même titre que celui débloqué pour le secteur automobile. « Les gens n’ont plus rien à perdre : on va revivre des jacqueries, prévient le député. Ces mouvements échappent aux syndicats agricoles qui ne maîtrisent plus rien ». La faute à la politique menée par les gouvernements de droite, relayée par la FNSEA, explique-t-il. Le député s’amuse de voir aujourd’hui « tous ceux qui voulaient la liberté de produire » et « s’opposaient à la mise en place des quotas en 1984 comme la FNSEA demander aujourd’hui la régulation des marchés ».

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