Le plan de relance de l’agriculture biologique (2004-2008) prend forme : le ministère de l’Agriculture en a présenté les grandes orientations peu avant Noël, en conseil supérieur d’orientation. Coup de pouce financier via les CAD, structuration de la filière et harmonisation communautaire en sont les principaux axes.
S’inspirant du rapport parlementaire de Martial Saddier et des propositions formulées par les professionnels, le plan de relance propose de donner un coup de fouet à la conversion des exploitations à l’agriculture biologique (AB). Comment ? En affectant 13% de l’enveloppe des CAD (contrats d’agriculture durable) à la conversion des exploitations, soit annuellement 50 millions d’euros de droits à engager pour cinq ans. Signe que la viabilité des exploitations biologiques peut être chancelante, la création d’une aide au maintien de l’AB - au terme de la conversion - est également suggérée mais sans qu’un chiffrage financier soit avancé.
Réduire les distorsions de concurrence
Vis-à-vis de la concurrence extérieure, le plan de relance propose d’harmoniser autant que possible le droit français avec le réglement européen, voire dans certains cas avec la réglementation d’autres Etats-membres (notamment pour l’homologation des adjuvants de culture). L’objectif est de limiter au maximum les distorsions de concurrence. L’utilisation du logo AB pourrait être autorisée sur les produits importés si leurs conditions de production sont équivalentes à celles en vigueur en France et qu’elles sont contrôlées par un organisme certificateur reconnu. Au niveau hexagonal, un gros travail est exigé à l’intérieur même des filières agricoles pour sortir l’agriculture biologique de son ghetto : création de section spécialisées AB dans les interprofessions par produit, instauration de comités de pilotage « bio » dans les offices agricoles, et développement de plate-forme de regroupement ou de mise en marché de produits biologiques. L’insertion des produits biologiques dans les politiques de gammes de la grande distribution est jugé indispensable.
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Une agence pour la promotion
La communication n’est pas en reste. Un programme pluriannuel devra être bati et présenté pour cofinancement à la Commission européenne. Le budget prévisionnel total sera au minimum de 1,5 million d’euros annuel sur 3 ans. Les crédits mobilisés pour l’animation, dans le cadre des contrats de plan, seront pourvus à hauteur de 3,8 millions d’euros annuels pendant 3 ans, expliquent les pouvoirs publics. La compositon de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’AB - « l’Agence Bio » - pourra être élargie à la coopération agricole et aux industries alimentaires, se verra dotée par le ministère de l’Agriculture d’un budget de 1,1 million d’euros pour développer ses actions. Le plan de relance propose enfin de mieux prendre en compte l’AB dans la formation et la recherche.