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Le premier biofongicide de Micropep valide une nouvelle étape aux États-Unis

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Thomas Laurent, cofondateur et dirigeant de Micropep. Crédits : © Micropep

MPD-01, le biofongicide candidat issu de micropeptides développé par Micropep, vient d’être classé dans la catégorie des solutions biochimiques par l’agence américaine de protection de l’environnement. La start-up toulousaine qui espère lancer la commercialisation de sa solution en 2028 sur le marché nord-américain, prévoit une levée de fonds dans les 6 à 9 prochains mois.

La start-up toulousaine Micropep franchit une nouvelle étape dans son projet de mise sur le marché aux États-Unis d’une solution fongicide innovante. Sa molécule active MPD-01 a été classée comme un principe actif de type biochimique par l’EPA (Agence américaine de protection de l’environnement). « Aux États-Unis, le parcours d’autorisation de mise sur le marché d’un produit est différent de celui de l’Europe. Il faut d’abord déposer un dossier qui permet à l’EPA de décider si la solution sera classée parmi les produits conventionnels ou les produits biochimiques. C’est cette seconde classification qui a été validée, comme nous l’espérions », se félicite Thomas Laurent, dirigeant et cofondateur de l’entreprise. L’EPA valide par cette décision le caractère non toxique et l’absence de rémanence dans l’environnement du MPD-01.

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Variante d’un micropeptide (suite de plusieurs acides aminés) naturel découvert par Micropep dans les plants de tomates, le MPD-01 a confirmé son efficacité, lors de tests menés par la start-up sur les cultures de soja et de pommes de terre ainsi que sur la vigne. Selon Micropep, l’efficacité du MPD-01 « dépasse celle de ses concurrents : le biofongicide permet d’arriver à un niveau de contrôle des pathogènes de 75 % - là où la plupart des produits de biocontrôle atteignent difficilement les 50 % de contrôle ».

Une levée de 25 M€ prévue pour 2024

Micropep espère commercialiser son innovation dès 2027 en Amérique latine, 2028 en Amérique du Nord et 2030 en Europe. « Les délais de validation des dossiers sont plus longs en Europe, mais notre prochaine étape va consister à préparer les dossiers finaux pour ces trois marchés sur les années 2024-2025 », explique le cofondateur. Des étapes cruciales, et coûteuses, qui nécessitent une nouvelle levée de fonds pour la start-up qui a déjà levé 21 M€ depuis sa création en 2016. « Nous visons cette fois 25 M€ et souhaitons finaliser la levée dans les 6 à 9 prochains mois », annonce Thomas Laurent. L’opération devrait permettre à l’entreprise de 45 salariés de recruter 10 personnes supplémentaires réparties entre son siège toulousain et son antenne américaine en Caroline du Nord.

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En parallèle des dépôts de dossiers, Micropep va chercher des partenaires pour industrialiser sa production. L’entreprise, qui a développé une méthode de production brevetée, a notamment besoin d’avoir accès à des fermenteurs. A terme, Micropep envisage de commercialiser ses molécules actives comme ingrédients aux industriels des biosolutions.

Si MPD-01 devrait être la première solution homologuée pour Micropep, la start-up travaille déjà sur de nouvelles innovations, toujours issues de micropeptides naturels : d’autres biofongicides, notamment dans le cadre du projet Bonne Pomme lauréat du plan France 2030 porté par Blue Whale, mais également des herbicides sélectifs, notamment contre l’amaranthe.