Face à une collecte plus abondante, les prix du lait baissent dans plusieurs pays d’Europe. La FNPL craint des répercussions en France où le prix du beurre industriel recule. Un contexte défavorable aux éleveurs alors que les négociations commerciales débutent le 1er décembre.
« Il y a un bruit de fond qui laisse entendre qu’il faudra baisser le prix du lait », rapporte Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA) à Agra Presse. Une perspective à laquelle il est fermement opposé, mais qui pourrait se concrétiser à l’occasion des négociations commerciales entre industriels et fournisseurs qui débutent le 1er décembre. Mais pour l’éleveur, il n’y a « aucune raison de baisser le prix du lait » sachant que « les charges des éleveurs restent élevées » (indice Ipampa lait de vache à + 25 % vs 2020) et que « le lait produit en France est 30 à 50 euros les 1 000 litres moins cher que dans les autres pays européens ».
Selon lui, il n’est pas possible de faire porter aux éleveurs la baisse du prix du lait sans se soucier du maillon de la transformation. « La Fnil (industriels, NDLR) nous dit que la rentabilité des transformateurs est faible, mais il leur reste quelque chose une fois les charges payées, alors que pour les éleveurs, ce n’est pas forcément le cas », insiste Yohann Barbe. D’après une étude sur la situation économique et financière des industries laitières françaises, réalisée par la Banque de France à la demande de la Fnil et dévoilée fin septembre, le taux de résultat net des entreprises de la transformation laitière a atteint 1,1 % en 2024, contre 3 % en moyenne pour les industries agroalimentaires (IAA). « Il faut s’interroger sur la compétitivité du maillon industriel en France comparé à l’Allemagne », poursuit-il, formulant l’hypothèse de marges trop importantes de la part des industriels français.
Le beurre glisse
Cette crainte d’un lait dévalorisé vient de la baisse des cours du beurre et de la poudre maigre liée à l’abondance de lait sur les marchés mondiaux. "En France, entre début juillet et fin septembre, le beurre industriel est passé de 7 500 euros à 5 500 euros la tonne et la poudre maigre est passée de 2 380 euros à 2 170 euros entre mi-août et fin septembre », précise Jean-Marc Chaumet, économiste au Cniel.
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Pour l’instant, les cours du lait restent élevés en France. Le prix du lait de vache conventionnel en France a atteint un record à 473 €/1 000 litres à fin juillet 2025 selon FranceAgriMer, soit 31 € au-dessus du cours de juillet 2024.
CB