Un nouveau Programme national pour l'alimentation avait été lancé à l'automne 2015 par le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Parmi les 21 lauréats dévoilés lors du salon de l'agriculture de Paris en début d'année, figure le projet Approximité de Rhône-Alpes / Auvergne Gourmand.
Quatre axes prioritaires ont été définis par le gouvernement pour le nouveau programme national en faveur de l'alimentation annoncé à l'automne. Ces quatre axes étaient la justice sociale pour donner accès à une nourriture de qualité à tous mais également pour favoriser l'insertion et la réinsertion par les métiers de l'alimentation et de l'agriculture ; l'éducation de la jeunesse afin qu'elle privilégie une alimentation équilibrée mais également pour valoriser les produits, les territoires et la transmission des savoirs ; la lutte contre le gaspillage alimentaire ; enfin, l'ancrage territorial. Le projet lauréat Approximité, qui a choisi de travailler sur l'ancrage territorial est porté par le comité Rhône-Alpes/Auvergne Gourmand, le bras armé de la Région, de l'Etat et des industriels, pour assurer la promotion du secteur agroalimentaire régional. « Le sujet de la proximité et des circuits courts constitue un axe de travail récurrent pour les entreprises, les organismes consulaires mais également les centres techniques et tous les professionnels, assure Sylvie Marino, directrice générale de Rhône-Alpes/Auvergne Gourmand. Un des grands chantiers est la restauration hors domicile. » Si des actions ont déjà été proposées aux acteurs depuis plus de dix ans, ils restent confrontés à un problème de taille : « L'inertie engendréepar les mar-chéspublics », avoue Sylvie Marino. Avec Approximité, le comité prend la question en amont. Son objectif est de faciliter le rapprochement entre les acteurs de la restauration collective et les entreprises de transformation alimentaire locales.
UNE QUESTION DE MOTIVATION
La première étape du projet a consisté à étudier le fonctionnement de ces sociétés de restauration collective et de leurs approvisionnements. « Une étude menée au premier trimestre 2015 a révélé que 70 % des entreprises passent par des grossistes », souligne Emmanuelle Gardère, en charge du projet Approximité à Rhône-Alpes / Auvergne Gourmand. Solutions de facilité ? Méconnaissance des uns et des autres ? « Tout est question de motivation des acteurs », glisse Sylvie Marino. Le projet labellisé par le gouvernement vise donc à proposer des actions pour faire se rencontrer les différents intervenants. « Trois sociétés de restauration collective, de tailles dif-érentes, les organismes consulaires ainsi que la Région et l'Etat, notamment pour travailler sur les cahiers des charges, sont impliqués. Plusieurs transformateurs seront sollicités en fonction des actions proposées. Ils sont déjà nombreux à avoir manifesté leur intérétpour collaborer à ceprojet », affirme Emmanuelle Gardère.
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TOUTES LES FILIÈRES SONT CONCERNÉES
La liste des actions est déjà fournie car l'objectif premier consiste à faire se rencontrer l'offre et la demande. « Les transformateurs seront invités à visiter des cuisines centrales pour connaître les attentes de ces professionnels de la restauration collective, sur les conditionnements par exemple, les usages des produits, la nutrition. La communication et la prospection seront aussi au cœur du programme pour, du côté des transformateurs, penser à la présentation des produits, toucher les bons interlocuteurs... », détaille la chargée de mission. Du côté des professionnels de la restauration collective, l'idée est « de les accompagner dans le sourcing des produits et de leur ouvrir de nouveaux horizons sur la production locale ». Le programme est ouvert à toutes les filières : les salaisons, la viande, les fruits et légumes, les produits laitiers... « Nous souhaitons que ce programme permette à des transformateurs, qui n'auraient jamais abordé ce marché de la restauration collective seuls, d'en comprendre lespotentiels. »
Ces actions en faveur de l'ancrage local des productions et de l'animation économique des acteurs bénéficie, sur 18 mois, d'un budget de 40 000 euros de la part du ministère et de 10 000 euros de Rhône-Alpes / Auvergne Gourmand. Certains ateliers demanderont une participation financière. Dès le lancement du programme, une trentaine de transformateurs locaux a manifesté son intérêt pour participer à une ou plusieurs actions proposées par le comité régional. « 96 % des achats en restauration collective ne seraient ni bio ni local, selon Emmanuelle Gardère. La marge de progrès reste donc importante... »