Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, et les parties prenantes du projet de barrage de Sivens réunis le 4 novembre ont trouvé un début de « réponse collective ». Le projet est bien maintenu, mais pas en l'état.
« Des divergences demeurent. L'ouvrage est maintenu, mais pas en l'état », a résumé Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, à la sortie de la réunion avec les parties prenantes du projet de barrage de Sivens à Paris, le 4 novembre. Elle recevait notamment, les élus locaux, l'Agence de l'Eau Adour-Garonne, les syndicats agricoles et FNE Midi-Pyrénées pour sortir de la crise alimentée par ce projet de retenue d'eau. « Il faut être clair sur les solutions alternatives d'ici la fin de l'année », conclut-elle à propos du projet initial controversé.
La ministre rapporte que « la profession agricole a été très responsable. Elle veut la construction du barrage, mais en même temps elle veut bien rediscuter de l'utilisation de l'eau ». Le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, soutient que la profession est « prête à discuter sur des solutions techniques ». La veille de la réunion, les Jeunes agriculteurs (JA) du Tarn demandaient que les travaux, suspendus par le conseil général le 31 octobre, reprennent « au plus vite ». Le président du syndicat, Thomas Diemer, a ajouté que l'apaisement du climat était nécessaire. Quant aux irrigants de France, ils soulignent que le projet de retenue d'eau a été validé toutes les étapes d'instruction pour recevoir un feu vert. Sa remise en cause est vécue comme « inacceptable ».
De l'autre côté, les associations environnementales ont renouvelé leur opposition au projet, rapporte la ministre, mais souhaitent que des solutions soient trouvées pour concilier agriculture et environnement. Le lendemain de la réunion, Denez l'Hostis, président de France Nature Environnement, a ajouté : « Pour nous, le scénario de l'abandon du barrage reste toujours d'actualité. (…). Par ailleurs, FNE se réserve la possibilité d'engager de nouvelles actions sur le plan juridique ». Pour les Verts, la position est plus radicale après la réunion : « Il faut annuler la déclaration d'utilité publique du projet de barrage de Sivens ».
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Nouvelle réunion à venir
Par ailleurs, la ministre de l'Ecologie a demandé une évacuation du site. Levée de bouclier des opposants au projet. Les Verts et FNE ont affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention d'évacuer les lieux des travaux. « L'urgence n'est pas l'évacuation du site », pour les premiers. « Je n'ai pas donné, au titre de FNE, notre accord pour appeler à l'évacuation du site et je le confirme », poursuit le président Denez l'Hostis.
Prochaine échéance collective : une réunion plus technique, à Sivens, le 12 novembre, en présence d'experts du ministère de l'Ecologie et des parties prenantes.