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Profils nutritionnels Le projet de Bruxelles ne serait présenté qu’après les élections du Parlement européen

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Du fait de l’opposition de certains Etats membres, en particulier l’Allemagne, la présentation du projet de texte de la Commission européenne sur les profils nutritionnels serait reportée au mois de juin prochain, juste après les élections du Parlement européen, selon des sources communautaires.

Le scénario initial aurait consisté pour la Commission européenne à présenter son projet de texte sur les profils nutritionnels à un vote le 27 mars prochain au niveau du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale Cette réunion du 27 mars se limiterait à procéder à un simple « échange de vues » sur un «premier projet » de règlement établissant les profils nutritionnels, prévu par l’article 4 du règlement 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé sur les denrées alimentaires. mais, selon nos informations, une proposition finale de l’exécutif européen ne pourrait être publiée qu’après les élections du 7 juin 2009. Motif ? L’insistance d’un certain nombre d’Etats membres à faire bénéficier leurs produits agroalimentaires d’une exemption de ces profils nutritionnels, mais surtout la position très ferme des autorités allemandes concernant notamment leurs produits de boulangerie et en particulier leurs pains traditionnels. Ils s’opposent notamment à la définition du pain traditionnel, proposée par Bruxelles, comme contenant « au moins 3 grammes de fibres par 100 grammes ».

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« Un projet de texte dénué de sens »

Selon le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (Beuc), la Commission européenne aurait, suite à « un lobby très important de l’industrie », considérablement « édulcoré » la proposition initiale sur les profils nutritionnels, au point qu’ils sont maintenant « presque dénués de sens » dans la mesure où toute une liste de produits seraient exemptés de ces profils, y compris la viande, le poisson, le lait et les œufs. Mieux : les aliments dits « traditionnels » pourraient même bénéficier d’une plus grande indulgence quant aux seuils de graisses saturées, de sodium et de sucre. Selon le lobby des consommateurs, la Commission semble faire « prévaloir les intérêts de l’industrie sur la santé des consommateurs » et « avoir oublié que la nourriture malsaine peut avoir des effets très néfastes sur la santé (tension artérielle élevée, maladies cardio-vasculaires, obésité, diabète…) ». Monique Goyens, directrice générale du Beuc, affirme que son organisation ne demande pas que des aliments soient interdits, mais bien que l’on retire les allégations trompeuses pour les consommateurs. Elle estime que « dans la lutte actuelle contre l’obésité et les autres maladies liées au régime alimentaire, il est regrettable que la Commission prenne des décisions visant à promouvoir des aliments malsains en permettant l’introduction de profils nutritionnels qui n’ont pas de sens. Nous appelons les États membres à redonner tout leur sens aux profils nutritionnels lors de leurs discussions du 27 mars ».