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Le projet Famous explore le potentiel de fermentation des algues

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Le Kombu royal fait partie des algues les plus présentes en Europe. Crédits : © Baralloco/Wikimedia Commons

Le CEVA vient de lancer le projet Famous, destiné à mieux maîtriser la fermentation des algues et développer de nouveaux outils pour toute la filière algocole. 

Avec un volume annuel variant entre 60 000 et 70 000 tonnes (1) d’algues fraîches, la France est le premier producteur européen d’algues. Pour préserver cette biomasse, la fermentation se présente comme une des solutions pour la filière. C’est le sens du projet Famous (2) lancé le 1er novembre 2025 par Hélène Marfaing, responsable de projet Agroalimentaire et Nutrition au Ceva (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues) avec la participation de l’Adria, un centre d’expertise agroalimentaire, et de Vegenov, spécialisé dans le végétal. Ces trois structures sont membres du Carnot AgriFood Transition, qui commandite et finance le projet, avec le soutien de l’ANR et de la région Bretagne

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Les équipes vont étudier trois types d’algues, parmi les plus utilisées en alimentation humaine : une algue brune, Saccharina latissima ou Kombu royal, une algue verte, Ulva ou laitue de mer, et une algue rouge, Palmaria palmata ou Dulse. Le rôle de l’ADRIA sera d’identifier « les souches de bactéries à la surface des algues les plus intéressantes pour faire de la fermentation », explique Hélène Marfaing. Un des défis du projet va être d’identifier les bactéries adaptées à la fermentation de chaque algue, qui présente « un microbiome spécifique à chaque espèce ». Une fois identifiées et isolées, ces bactéries seront cultivées avant d’être appliquées sur les algues pour fermentation

La fermentation des algues est compliquée par certaines caractéristiques de ces plantes, comme « des sucres peu accessibles aux bactéries lactiques classiques, un pH élevé et une flore microbienne abondante qui influence la fermentation », explique le communiqué du Ceva du 8 octobre 2025.

Partage avec les entreprises du secteur 

Le projet privilégie un débouché en alimentation humaine, que l’algue soit consommée telle quelle ou bien sous forme concentrée comme un exhausteur de goût. C’est pourquoi l’aspect sensoriel, étudié par Vegenov, « sera clé », insiste Hélène Marfaing. Pour plaire au consommateur, « le produit doit avoir un goût et une odeur intéressante ». 

Après les premiers tests au stade du laboratoire, l’équipe de chercheurs passera ses essais les plus prometteurs à une plus grande échelle, au stade pilote, « à temps pour la récolte d’algues du printemps 2027 », note la responsable du projet, qui compte aussi faire des prélèvements « en été et en automne pour voir s’il y a une différence de population bactérienne à la surface des algues en fonction des saisons ». 

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Une fois les procédés fermentaires maîtrisés sur chaque algue du projet, les chercheurs pourront proposer leurs découvertes aux entreprises du secteur, en amont ou en aval de la chaîne de valeur. « L’idée est par exemple d’aller voir un fournisseur de ferments et leur présenter ce qu’on a trouvé pour fermenter les algues si cela l’intéresse de l’intégrer dans leur portefeuille. » 

 

(1) Selon la feuille de route nationale pour le développement des filières algales française de février 2024. 

(2) Fermentation des Algues et qualification des MicroOrganismes isolés des algues Utilisés comme ferments et mesures du potentiel Sensoriel