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Agroalimentaire Le projet français de favoriser l’organisation des filières ne convainc pas Bruxelles

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 17 mars à Bruxelles, ont accueilli avec réserve le memorandum de la France pour favoriser une organisation responsable des filières agroalimentaires. Plusieurs Etats membres ont estimé que ce projet risque de soulever des problèmes avec la politique de concurrence.

Dans ce memorandum, la France indique vouloir introduire pour l’ensemble des filières des dispositions relatives aux organisations de producteurs s’inspirant de celles en vigueur dans certaines organisations communes de marché, comme les fruits et légumes et le vin. L’idée, ont indiqué les Français, est d’avoir davantage de souplesse pour encourager les producteurs et les interprofessions à mieux s’organiser, et à gérer certaines crises, comme cela a été fait dans le secteur du vin.

« L’intérêt des producteurs et des consommateurs est lié », a expliqué Michel Barnier, le ministre français de l’agriculture. « Nous souhaitons simplement, comme cela a été fait pour les marchés du vin et des fruits et légumes, encourager les producteurs et les interprofessions à mieux s’organiser, pour faire des opérations de promotion et promouvoir la recherche, et faire face à des crises », a précisé M. Barnier. Le Royaume-Uni et la Suède se sont montrés très critiques à l’encontre de ce projet. En revanche, le memorandum a suscité un certain intérêt de la Grèce, du Danemark, de l’Irlande, de la Finlande, des Pays-Bas, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, de la Lituanie et du Portugal. Toutefois, plusieurs de ces pays ont souligné les risques d’un tel projet au regard de la politique de concurrence et des règles du marché intérieur.

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Pour sa part, Mariann Fischer Boel ne s’est pas montrée opposée à l’idée d’aider les producteurs à mieux s’organiser notamment pour faire face plus efficacement à la grande distribution, mais il faut être très prudent quant à une éventuelle extension des règles aux producteurs non membres d’une organisation, a-t-elle ajouté. La commissaire à l’agriculture a par ailleurs manifesté de profondes réserves à l’égard de la position française sur les organisations interprofessionnelles. Il faut se méfier, selon elle, de ne pas faire d’entorse à la politique de concurrence.