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Le projet InnoVitiPlant accélère le déploiement de nouvelles variétés de vignes

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Les parcelles de démonstration doivent aider les professionnels à adopter les nouvelles variétés. Crédits : © Laurent Audeguin/IFV

Alors que la création variétale peut prendre jusqu’à 20 ans, un nouveau projet de l’IFV, Inrae et Agri Obtentions veut raccourcir ce délai en proposant de nouvelles variétés à partir de clones existants. Avec à la clé une adaptation plus rapide des vignobles au changement climatique. 

Pour survivre à la diffusion des maladies et aux aléas climatiques, la filière viticole investit dans la recherche pour sélectionner de nouvelles variétés à partir de clones existants. C’est le sens du projet InnoVitiPlant porté par l’IFV, Inrae et sa filiale Agri Obtentions. Lancé cette année pour une durée de quatre ans, InnoVitiPlant a pour but d’accélérer le processus d'innovation variétale, de production et d'adoption des variétés avec une meilleure tolérance à la sécheresse et aux maladies comme l’oïdium ou le mildiou. 

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Le projet est soutenu par la BPIFrance dans le cadre de France 2030 afin de « mettre plus rapidement les nouvelles variétés à disposition de la profession », explique Laurent Audeguin, directeur de recherche et innovation au pôle végétal de l’IFV, basé au Grau-du-Roi (Gard). 

Au total, douze nouvelles variétés ont été développées grâce à plusieurs séries de croisements pour une meilleure résistance aux stress abiotiques et biotiques. Pour accélérer leur adoption, il semblait essentiel à Laurent Audeguin de pouvoir montrer les nouvelles variétés en conditions réelles. Quatre parcelles de démonstration dans différentes régions viticoles ont été installées, dans le Val de Loire, en Beaujolais, en Languedoc, et dans le Sud-Ouest. Le but est « de faire venir les viticulteurs et les pépiniéristes pour qu’ils se fassent eux-mêmes une idée de ces variétés », note le directeur. « Plutôt on donne aux pépiniéristes viticoles et aux viticulteurs, les moyens d’apprécier sur pied et en dégustation ces variétés, plus il y a un gain de temps dans l’acceptation, l’adoption et la diffusion de nouvelles variétés. »  

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Convaincre des viticulteurs pionniers 

Dans chaque parcelle de démonstration, chacune des douze variétés est présentée sur un rang « avec deux porte-greffe différents, car c’est une variable importante du projet », glisse Laurent Audeguin. « Dans ce projet InnoVitiPlant, nous voulons pouvoir juger quelles nouvelles variétés ont les meilleures affinités avec différents porte greffe. Peut-être qu’elles montreront une meilleure tolérance à la sécheresse ou une moindre évapotranspiration. Tout cela est à prendre en compte. » 

Pour lui, cette démarche peut convaincre des pionniers « prêts à prendre le risque » avec de nouvelles variétés. « Il y aura un effet d’entraînement parce qu’ils auront essuyé les plâtres et auront permis à d’autres de leur emboîter le pas. » 

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À terme, ces nouvelles variétés pourraient même se diffuser au-delà des frontières françaises. « Dans d’autres pays, comme le Chili ou la Nouvelle-Zélande, il y a aussi un intérêt à mettre en portefeuille des variétés résistantes qui sont le fruit de l’innovation française, même si le marché international reste ultra dominé par les cépages classiques », conclut Laurent Audeguin.