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Estimation Le recul de la production de bordeaux plus important que prévu

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Le recul de la production de vin de Bordeaux sera plus important que prévu, au vu des vendanges, déjà bien entamées, a indiqué le 3 octobre Hervé Grandeau, président du syndicat des Bordeauxj à Agra Presse : près de 30% de baisse, au lieu des 20% estimé cet été.

«Alors que l’on attendait une vendange en retrait de 20%, la baisse de production sera proche des 30% », évalue Hervé Grandeau. La production moyenne de vin de Bordeaux est d’environ 5,5 millions d’hectolitres (Mhl), or celle de 2013 « atteindra péniblement 4 Mhl ».
La récolte a pâti plus que prévu des conditions climatiques de pluies et d’orages. D’une part, la coulure des fleurs sur les plants de merlot, cépage sensible à ce défaut dans la floraison, a eu un fort impact, et cela d’autant plus que ce cépage est majoritaire en Bordelais. La floraison s’est faite pendant une période de dix jours, juste au moment des inondations dans le Sud-Ouest, vers le 20 juin. D’où le phénomène massif de coulure. La coulure n’a pas d’effet négatif sur la qualité du vin, mais sur le rendement, les grains restant petits.
D’autre part les orages de grêle du 26 juillet et du 2 août, qui ont compromis à plus de 80% la production de 6-7 000 hectares de vignes, selon Hervé Grandeau.
C’est donc la production de rouge qui sera réduite en quantité, le merlot étant un cépage destiné au vin rouge. La production de blancs sera en revanche d’un niveau normal et d’un niveau qualitatif « bon, voire très bon ».
 
Qualité : le travail en chais sera décisif
Sur le plan qualitatif également, les bordeaux rouges seront cette année « un peu faibles en tanins et plutôt portés sur le fruit et la finesse que sur la structure ». Du fait de cette insuffisance en tanins, ils donneront moins de vins de garde, selon Hervé Grandeau.
Contrairement à ce que l’on peut penser, la météo pluvieuse du printemps ne détériorera pas la qualité, selon le président du syndicat des bordeaux. Avis corroboré par l’œnologue Marc Dworkin, spécialiste du bordeaux, et également investisseur en Bulgarie, Roumanie et Chine (dans la péninsule de Qingdao). « Le temps pluvieux du printemps ne donnera pas de vins acides à la sortie. Le travail en chais sera décisif. Les vignerons ont le savoir-faire pour corriger les facteurs manquants, une fois les raisins rentrés ».

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