Les vins de Bordeaux et bordeaux supérieurs connaissent encore une situation difficile malgré les décisions prises pour lutter contre la crise. Le syndicat viticole des AOC bordeaux et bordeaux supérieur, qui présentaient ses résultats économiques le 18 janvier à Paris, espère une amélioration grâce à un rééquilibrage entre offre et demande.
Principale bonne nouvelle pour les AOC bordeaux et bordeaux supérieur : le déséquilibre entre l’offre et la demande est en train de se résorber. Ces vins commercialisent aujourd’hui un peu plus que ce qu’ils produisent : 3,3 Mhl lors de la campagne 2005/2006 pour une récolte de 3,22 Mhl. « Les efforts entrepris par les vignerons (réduction des rendements) et les moyens importants investis pour rétablir l’équilibre offre/demande (à travers le financement collectif de l’arrachage et de la distillation) commencent à porter leurs fruits, tant au niveau de la production que de la commercialisation », selon le syndicat. Les surfaces de plantations sont passées de 65 000 ha en 2004/2005 à 64 000 ha en 2006. Les rendements ont également baissé (-13% entre 2004 et 2005).
Les prix au tonneau restent bas
Pourtant, les sorties de propriétés sont encore en recul, en moyenne de 1% (avec des résultats différents selon les couleurs). L’AOC bordeaux rouge dont les sorties en vrac pèsent 76% ont un retard de 1% qui serait dû au « blocus » instauré par le syndicat en début de campagne (pas de vente en dessous de 1000 euros le tonneau). Mais l’AOC bordeaux supérieur rouge, non soumise au blocus, enregistre un retrait en baisse de 7%. En revanche, pour l’AOC bordeaux rosé les sorties de chais sont en hausse de 13% tant en vrac qu’en bouteilles. Le bordeaux clairet suit la même tendance avec +10%. Pour l’AOC bordeaux blanc, la situation est mal orientée avec un volume des contrats d’achat en recul de 10% par rapport à la campagne passée.
Les prix du vrac de l’AOC bordeaux rouge ont continué à se dégrader sur la dernière camapgne (835 euros le tonneau en moyenne contre 938 euros l’année précédente, tous millésimes confondus) et les premières transactions enregistrées pour la campagne 2006/2007 continuent sur la même lancée. Mais Bordeaux espère « un retour à un niveau de prix décent qui seul permettra de s’engager de nouveau dans la croissance ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les pays tiers tirent les exportations
En France, les ventes sont stables en grande surface depuis 5 ans à 137,4 millions de cols dont 59% en hypermarchés, 41% en supermarchés. L’AOC bordeaux rouge est parvenue à maintenir son niveau de vente en compensant la baisse des ventes en bouteilles par l’envolée de la demande de « bags in box » (BIB) qui atteint 10% des ventes. Les bordeaux rosés poursuivent leur dynamisme (+19% l’an dernier) et se commercialisent à présent toute l’année. Les hausses des ventes des bordeaux blancs moelleux (+13%) compensent les baisses des ventes des vins secs (-5%) avec des prix stables.
A l’exportation, les bordeaux gardent leur place : sur la campagne 2005/2006 près de 65% des vins exportés dans le monde -soit 1 Mhl- sont des bordeaux. Les exportations de vin rouge, rosé et clairet ont atteint 886 000 hl en 2005/2006 en croissance de 2%. Ce redressement des ventes est surtout le fait des pays tiers, Etats-Unis (+16%) et Japon (+12%) en tête, même si les premières destinations sont européennes (52% des ventes se font sur le Royaume Uni, l’Allemagne et la Belgique).