Lancé en 2006 par les agriculteurs et les chasseurs pour maintenir la biodiversité et développer le petit gibier, le réseau Agrifaune enregistre ses premiers retours d’expérience. Une journée y était consacrée le 28 mai à Paris.
Plus de 30 partenariats départementaux ou régionaux en 2007, 650 000 euros investis pour animer les projets, une quarantaine de conventions espérées fin 2008, 150 techniciens et ingénieurs investis… Deux ans après son lancement, le réseau « Agrifaune » initié par les chambres d’agriculture (APCA), l’Office de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et la FNSEA prend ses marques sur le terrain. Destiné à maintenir la biodiversité et développer le petit gibier, le réseau se constitue progressivement dans les régions et les départements. Au programme : des expérimentations techniques sur les intercultures, la constitution d’un réseau d’exploitations agricoles de référence et le développement de supports de communication. Des indicateurs de suivi des performances seront mis en oeuvre en 2009, indique François Omnes (ONCFS).
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Des bandes fleuries dans les vignes
Sur le terrain, les thématiques retenues sont variées. Cinq témoignages d’expérience ont été présentés le 28 mai à Paris lors d’un premier bilan d’étape. Dans la Sarthe, par exemple, l’expérimentation lancée en 2006 sur le GAEC des Lys à Rahay (156 hectares, polyculture-élevage) vise à tester sur 5 ans l’intérêt agronomique, économique et faunistique de différents couverts d’intercultures. Dans le Beaujolais, une collaboration entre la chambre d’agriculture du Rhône et la fédération départementale des chasseurs expérimente des bandes fleuries dans les parcelles de vignes. Objectif : limiter les ruissellements, augmenter la population d’insectes auxiliaires des cultures, ainsi que l’avifaune, sur les parcelles dont une partie des pieds de vignes a été arrachée suite à la crise viticole. En Picardie, une enquête réalisée auprès de 60 agriculteurs sur la thématique « petit gibier-économie-environnement » doit permettre à terme de formuler des conseils en la matière. Département d’élevage, la Vendée a mobilisé quant à elle 20 exploitations sur lesquelles des diagnostics agro-environnementaux sont réalisés et à partir desquels des propositions d’action et d’aménagements favorables à la faune sont formulés. Dernier exemple présenté le 28 mai, celui de la préservation des haies en Franche-Comté mise au service – notamment – de la lutte contre les campagnols qui constituent dans certaines zones un véritable fléau. « Avec les haies, on développe la variété des prédateurs : l’idée c’est de retrouver de l’hermine, des rapaces etc. et ne pas seulement miser sur le renard et la buse », explique Charlotte Chandosme de la Fédération des chasseurs de Franche-Comté. En 2008, les promoteurs du réseau Agrifaune tablent sur un doublement des programmes et des budgets à l’échelle de la France.