Après le chaos de la visite présidentielle l’an passé, les organisateurs du Salon de l’agriculture espèrent éviter les débordements. Élections chambres, négociations commerciales, LOA, PPL Entraves, Maroc… Les calendriers professionnel et politique n’y concourent pas totalement.
« Il y a des règles à respecter » : les organisateurs du Salon international de l’agriculture, qui s’ouvre le 22 février à Paris, ont affiché le 4 février leur volonté de mieux encadrer les visites politiques et appelé syndicats et agriculteurs à privilégier les « échanges ». « Je ne veux plus revoir de visiteurs, le premier samedi, empêchés de rentrer dans le Salon de l’agriculture », a averti son président Jérôme Despey lors d’une conférence de presse, en allusion au chaos de l’ouverture de l’édition 2024 en marge de la visite d’Emmanuel Macron.
Dans un contexte de colère des agriculteurs, des dizaines de manifestants – arborant des signes distinctifs de trois syndicats – avaient forcé une grille, décidés à se faire entendre du chef de l’État, et des heurts avec la sécurité avaient retardé de plusieurs heures l’ouverture au public du hall 1.
« Ces messages-là, je les ai fait passer au président de la République, au Premier ministre, aux ministres, à tous les partis politiques », a ajouté M. Despey. « J’attends de ce salon qu’il soit une respiration », a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors de la conférence de presse, reconnaissant le côté « sportif » de l’accueil des politiques.
Possible CMP pendant le Salon
Les calendriers politique et professionnel n’y concourent pas complètement. Certes, les résultats des élections professionnelles auront été proclamés. Mais en cas de forte poussée de la Coordination rurale, le syndicat pourrait être tenté de montrer les muscles Porte de Versailles, après sa tentative ratée de bloquer Paris quelques mois plus tôt.
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L’agenda parlementaire est aussi difficile à lire. L’examen de la loi d’orientation agricole (LOA) devrait s’achever durant la semaine du 10 février, mais il n’est pas exclu que la commission mixte paritaire (CMP) puisse intervenir durant le Salon de l’agriculture. En revanche, l’épineuse proposition de loi sur les entraves sera examinée après le Salon.
On pourrait ajouter que le choix fait par les organisateurs de mettre à l’honneur le Maroc n’est pas complètement sans risque. Les importations croissantes de tomates ont mis sous tension la filière française, même si des tentatives de dialogue ont récemment émergé entre les producteurs deux rives de la Méditerranée.
Enfin, comme chaque année, les négociations commerciales s’achèveront le 1er mars, dans un climat toujours tendu. Pour déminer le terrain, plusieurs patrons de la grande distribution (Carrefour, Les Mousquetaires/Intermarché, Coopérative U) prévoient de tenir, à l’invitation de l’animatrice Karine Le Marchand, une conférence de presse commune lors du salon. Ils affirment vouloir présenter des « actions pour soutenir l’agriculture française ».