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Sial Paris à J-17 Le salon reflète-t-il encore les tendances du secteur ?

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Le Salon international de l’alimentation ouvrira ses portes du 19 au 23 octobre prochain, au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Pour cette édition 2008, 5 500 exposants seront présents, dont les trois quarts viennent de 102 pays différents. 145 000 visiteurs, acheteurs, distributeurs, fournisseurs sont attendus. La notoriété du salon ne cesse de croître, mais est-il encore une vitrine en phase avec le marché de l’agroalimentaire dans le contexte de ralentissement économique actuel ? Si la part belle est faite à l’innovation et à la nutrition, sous toutes leurs formes, le développement durable, le commerce équitable et le vin seront également mis à l’honneur dans des espaces dédiés. Parmi les nouveautés de cette édition : un espace épicerie fine regroupant 270 entreprises dont 50% venus des quatre coins du monde et une mise en avant particulière d’une nouvelle tendance, la « cosméto-food ».

C’est un salon international de l’alimentation en croissance continue qui se tiendra à Paris dans quelques semaines. Après le succès des éditions de Montréal, de Chine et de Buenos Aires, le Sial 2008 Paris accueillera plus de 5 500 exposants venus des quatre coins du monde et plus de 145 000 visiteurs. « Le Sial continue sa progression, nous accueillerons 250 exposants de plus qu’en 2006 en provenance de plus de 102 pays », insiste Cécile Bassot, la directrice générale du salon. Si la France demeure le premier pays représenté avec 1 200 exposants, la présence des industries étrangères ne cesse de croître, reflétant un marché agroalimentaire de plus en plus internationalisé. Rappelons que les IAA européennes ont exporté pour 52 milliards d’euros de produits, en progression de 10,7% en 2006 et les entreprises françaises représentent 16,6% du chiffre d’affaires des industries agroalimentaires européennes qui totalisent des ventes de 870 milliards d’euros. Malgré une hausse de 7,6% des importations françaises de produits agroalimentaires à 25,4 milliards d’euros en 2007, le solde agroalimentaire de la France a progressé de 3,7% pour dépasser les 8 milliards d’euros.

Parmi les pays dont la participation progresse, on peut notamment citer le Brésil (plus de 100 entreprises attendues), la Chine, la Croatie, l’Egypte, l’Inde avec une percée de l’Amérique du Sud, du Moyen-Orient, de la Turquie et de la Grèce. Et pour que les entreprises françaises profitent au mieux de ces débouchés internationaux, le french export corner jouera le rôle d’accueil pour favoriser les échanges entre acheteurs étrangers et entreprises françaises notamment.

L’innovation entre santé et plaisir

Autant dans le monde qu’en France, l’innovation est un des moteurs de croissance de l’industrie agroalimentaire. Le Sial se veut être une vitrine de la créativité de ses exposants et de leurs capacités à intégrer les nouveaux mouvements de la consommation. Selon une étude réalisée par le cabinet XTC, les industriels auraient trouvé le « bon cocktail » pour proposer des innovations équilibrées entre la santé et le plaisir après que les services marketing des IAA se soient attachés à la mode du « terroir et naturalité » lors de l’édition 2002 et à la tendance « santé et verrine » de 2006. Dans le monde, la santé reste un axe dynamique avec 25,8% de nouveaux produits concernés (21,7% en 2006), même si le plaisir demeure dominant (42%). En Amérique du Nord seulement, l’axe santé dynamise l’innovation alimentaire et est surreprésenté, même si le plaisir reste un axe majeur. A contrario, en Asie, l’innovation est partagée entre la santé et la forme, tandis que le plaisir est sur-représenté. Enfin, en France, le plaisir reste toujours un axe dominant avec 49,5% de produits concernés, tandis que la santé concerne 15% des produits et l’éthique affiche une avancée notable avec 2,5%, contre 1,7% en 2006. Toutefois, la cuisine moléculaire permet aux industriels d’oser de nouveaux mélanges, de nouvelles textures ou même de nouveaux goûts. Triballat Noyal a ainsi lancé, en juin 2008, un yaourt au soja à l’abricot et au gingembre sous sa marque Sojasun, les chocolats d’Augustin se sont essayés à un chocolat biologique aux saveurs citron et coriandre, tandis que les Ruchers du Gué Culimiel proposent depuis janvier une aide culinaire à base de miel pour les plats salés.

La tradition résiste mais revisitée et « débarrassée de ses codes passéistes », selon le cabinet XTC. « Le respect du savoir-faire prime sur le respect de la tradition historique ». Rolland s’est ainsi inspiré de la tradition pâtissière française pour un nouveau dessert glacé, alors que Feyel tente une offre de foie gras de canard entier frais en série limitée, baptisé « L’Extrême », et la Laiterie Val d’Arve propose un fromage affiné avec un cœur de pâte truffé. Si ces innovations sont le fruit des marques nationales, les MDD deviennent de plus en plus innovantes. « 21,3% des produits à caractère innovant lancés en Europe sont des marques d’enseigne », selon XTC. Une offre qui sera d’ailleurs mise en évidence sur le forum MDD Retail World.

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Emergence de la cosméto-food

Autre tendance mise en avant lors du prochain Sial : la cosméto-food. Un espace food & beauty, organisé par le Sial et le salon Beyond Beauté Paris, cherchera à démontrer la convergence entre l’alimentation et la cosmétique à travers une exposition de produits répondant à des promesses précises (anti-âge, teint, minceur…),un atelier de prospective et une conférence. « Les grands de l’alimentaire prennent leurs marques en cosmétique quand les grands des cosmétiques lorgnent sur l’alimentaire », indique Xavier Terlet, président du cabinet XTC. L’étude « Tendances & Innovations » du cabinet met en avant les frontières de moins en moins marquées entre la beauté et l’alimentaire, précisant qu’il s’agit « d’un concept ancien qui reste marginal même en Asie ». Citons Fauchon qui lance, en pharmacie comme en GMS, une gamme de thés proposant une promesse beauté ou encore Idecap energy qui commercialise une offre de bouchon réservoir de produit fonctionnel portant une promesse énergie et beauté.

Vers une « santé durable »

La nutrition sera également l’une des invités d’honneur du salon, dont l’axe «santé durable» émerge. « Nous sommes moins dans le marketing. Les produits affirment davantage une tendance “santé durable” reflétant les préoccupations nutritionnelles des consommateurs dans une dynamique de vie plus longue et meilleure », explique Cécile Bassot. Du discours purement nutrition, on passe à un discours davantage santé, avec notamment le développement du marché des aliments fonctionnels ou de « santé active ». L’institut allemand Fraunhofer estime que ce marché pourrait être multiplié par cinq d’ici 2010 au niveau mondial. Aujourd’hui, il est estimé à 5,6 milliards d’euros en Europe avec une prévision d’évolution de 4,7% d’ici 2012, selon Datamonitor.

Le vin et l’épicerie fine ont leur espace

Comme à chaque édition, l’ensemble des secteurs de l’agroalimentaire sera représenté au Sial, nécessitant l’installation d’un hall supplémentaire pour accueillir les nouveaux exposants de l’épicerie fine, des vins, des produits biologiques et diététiques, des compléments alimentaires mais également des pavillons des thés et du commerce équitable. Le salon dédie notamment un espace à l’épicerie fine dont le nombre d’exposants a progressé à 270 entreprises, dont 50% viennent de l’étranger. Outre la France, l’Italie, l’Espagne, le Sri Lanka et l’Inde sont les pays les mieux représentés sur cet espace. Si les produits laitiers restent le secteur dominant en nombre de participants, le secteur des produits carnés prend de l’ampleur en raison notamment de son internationalisation et des ambitions de pays européens ou d’Amérique Latine. L’offre de vins sera particulièrement soignée, cette année, et devient un secteur à part entière au sein du salon.