La découverte récente de la mélamine à Hong Kong dans des œufs produits en Chine fait craindre que cette substance chimique ne soit présente dans de nombreux aliments, comme la viande ou le poisson. Les Nations unies ont appelé la Chine à moderniser son système de sécurité alimentaire, l’estimant inadapté.
Après la crise du lait frelaté qui avait entraîné la mort de quatre nourrissons et provoqué des maladies chez des dizaines de milliers de personnes en Chine, la présence de la mélamine a été découverte fin octobre dans des œufs produits dans le nord-est de la Chine. Selon les premiers résultats de l’enquête, il se peut que ces œufs infectés aient un lien avec des lots de nourriture pour volailles ayant été contaminées par la mélamine. Plusieurs distributeurs chinois ou installés en Chine, comme la société américaine Wal-Mart, ont retiré des rayons de leurs supermarchés ces gammes d’œufs par mesure de précaution.
La découverte de la mélamine dans des œufs fait craindre que cette substance ne soit présente dans de nombreux aliments, comme la viande ou le poisson, a expliqué Zhang Zhongjun, un responsable de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en Chine. Selon lui, certains producteurs peuvent avoir eu le même but que ceux qui ont coupé le lait avec de la mélamine : faire croire à un taux élevé de protéines.
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Incohérence du système chinois de contrôle
Les Nations unies demandent la Chine de moderniser son système de sécurité alimentaire. « Le système actuel est géré par plusieurs lois et une vieille philosophie selon laquelle le gouvernement est responsable de tout », indique Jorgen Schlundt, directeur de la sécurité alimentaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).« Il faut changer ce genre de philosophie car les producteurs doivent être responsables de la sécurité alimentaire ».« Dans l’incident du lait frelaté, nous avons vu qu’un vieux système peut empirer la situation », affirme-t-il. « Ce système incohérent avec une autorité partagée entre différents ministères et administrations a conduit à un manque de communication et peut avoir prolongé la crise en raison d’une réponse tardive », a-t-il dit.
L’ONU recommande à la Chine de mettre en place un système unifié et efficace et de travailler sur la responsabilité des producteurs. Pékin doit éviter de vouloir tout analyser, un « gaspillage de ressources inefficace », mais plutôt se concentrer sur les domaines à risques, est-il indiqué dans une étude publiée par l’ONU.