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Le secteur des biocarburants lui aussi menacé

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Dans une lettre adressée, le 24 mars, au vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, six organisations professionnelles du secteur des biocarburants – Bureau européen du biodiesel (EBB), association européenne du bioéthanol (ePURE), Alliance européenne des oléagineux (EOA) et les producteurs européens de maïs (CEPM), d’oléagineux (Fediol) et de betterave sucrière (C.I.B.E.) – alertent Bruxelles de ce que certains États membres envisagent de mettre en œuvre des dérogations à leurs obligations en matière d’incorporation de biocarburants dans l’essence et le diesel. Si elles sont mises en œuvre, s’inquiètent ces professionnels, « ces dérogations aggraveraient les effets négatifs déjà subis par nos secteurs affectés par la forte baisse de la consommation de carburant ». Ces baisses seraient injustifiées, ces organisations assurant n’éprouver « aucune difficulté à répondre à la demande actuelle » qui est en recul. « Nous vous demandons respectueusement de donner instruction à vos services de rester vigilants quant à l’introduction éventuelle de telles mesures dans tout État membre, et d’examiner avec prudence toute demande d’approbation de mesures qui pourraient perturber davantage le travail essentiel de la chaîne de valeur européenne des biocarburants », écrivent les six organisations.

Elles soulignent que cela mettrait encore plus à mal la disponibilité des approvisionnements en protéines produites dans l’UE pour le bétail et aurait donc des répercussions sur les chaînes de production animale.

Mesures de sauvegarde

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Une position que soutient également le think tank Farm Europe qui demande, lui aussi, à la Commission d’envoyer un message clair réitérant son engagement à supprimer progressivement les subventions pour les combustibles fossiles tout en garantissant que les options actuellement en vigueur ne seront pas entravées. « Pendant la crise sanitaire, l’UE ne doit pas relâcher ses autres priorités », prévient Farm Europe.

Autre inquiétude, celle de la filière française du bioéthanol qui dénonce l’arrivée d’importations massives et demande donc aux autorités européennes de mettre en place des mesures de sauvegarde. Pour le Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA), « les exportateurs brésiliens et surtout américains, confrontés à des stocks qui atteignent des niveaux records, anticipent la reprise de la consommation européenne dans quelques semaines pour remplir les premières cuves qui auront été vidées au terminal d’importation de Rotterdam. »