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UE/Prévention alcool Le secteur vin rejette en partie les conclusions des ministres chargés de la Santé

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Restreindre la publicité sur les alcools et jouer sur les prix des boisons alcoolisées ne sont pas la bonne solution pour s’attaquer à la consommation abusive d’alcool en Europe. C’est ce qu’affirme en tout cas le Comité Européen des Entreprises de Vins (CEEV) suite à l’adoption par les ministres européens chargés de la politique sociale, de la santé et des consommateurs d’une série de conclusions sur « l’alcool et la santé ». Le CEEV juge que ces affirmations figurant dans les conclusions du Conseil « ne sont pas suffisamment étayées scientifiquement » et qu’elles ne sont pas en mesure « d’influencer les comportements nocifs en matière de consommation d’alcool ».

« Le secteur vitivinicole de l’UE est conscient des risques pour la santé et de l’impact social et économique négatif que peut engendrer la consommation immodérée de vin et d’autres boissons alcoolisées ». Très prudent, José Ramon Fernandez, le secrétaire général du Comité européen des entreprises de vins, a expliqué à Agra alimentation que le secteur « reconnaît que si les vins et alcools représentent pour la majorité des consommateurs une boisson à déguster avec plaisir et modération, une minorité d’entre eux, et en particulier les jeunes, ont une consommation excessive qui leur est dommageable et qui peut avoir des conséquences néfastes sur les personnes qui les entourent ». « C’est la raison pour laquelle, dit-il, notre secteur a développé un programme paneuropéen appelé “Wine in moderation”, un programme qui vise à promouvoir « des habitudes de consommation raisonnable » et à réduire les dommages liés à une consommation excessive d’alcool. « Les annonceurs, les professionnels, les distributeurs, le secteur HoReCa (1), tous ensemble, nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre ces pratiques », assure-t-il. Cependant, le secrétaire général du CEEV regrette certaines affirmations du Conseil des ministres de la Santé qui mettent l’accent sur une politique des prix et qui invitent les Etats membres « à ne pas pratiquer des prix trop bas pour les boissons alcoolisées ». Selon lui, « l’évidence de la capacité des prix à influencer le comportement des consommateurs excessifs de boissons alcoolisées est très très limitée ». José Ramon Fernandez déplore en outre que les conclusions du Conseil passent sous silence le fait que « l’augmentation globale de l’accessibilité aux boissons alcoolisées au cours des dernières années a été accompagnée par une diminution de leur consommation ».
Cette diminution, précise le secrétaire général, « a été particulièrement dramatique pour les vins » qui ont vu leur consommation diminuer « de plus de 15 millions d’hectolitres durant les vingt dernières années » avec en particulier « plus de 20% de baisse dans les principaux pays producteurs de vin depuis 1996 ». En ce qui concerne les méthodes de commercialisation des boissons alcoolisées, et en particulier la publicité, le responsable du CEEV estime que les méthodes publicitaires « ne sont qu’un des nombreux facteurs » qui peuvent influencer les attitudes et les comportements de la consommation et que, de toutes les façons, « les données disponibles indiquent que son impact, en moyenne, n’est pas important ».

Les professionnels invités à agir de manière « proactive »
Dans leurs conclusions, les ministres de la Santé de l’UE invitent notamment les États membres à engager les acteurs de la filière des boissons alcoolisées à s’employer de « manière proactive » à veiller à l’application des dispositions règlementaires en matière de consommation d’alcool, de sorte que leurs produits soient fabriqués, distribués et commercialisés de « manière responsable ».
La protection des enfants à naître, des enfants, des adolescents et des jeunes est l’une des principales préoccupations qui ont inspiré leurs conclusions. Les ministres demandent notamment aux Etats membres d’examiner le rôle de la politique des prix, par exemple la réglementation des « happy hours » (qui permettent aux cafetiers de proposer à leurs clients des consommations à prix réduits pendant une tranche horaire déterminée), l’application de taxes spéciales sur les mélanges de boissons et sur la distribution gratuite d’alcool, en tant qu’instrument efficace parmi les mesures visant à réduire les dommages liés à l’alcool.

(1) Hôtels, restaurants, cafés

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