Les évolutions de tonnages d'aliments composés produits en 2013 sont estimées à - 4 % en porcs, - 1,1 % en volailles, +0,1% en bovins, faisant tomber la production nationale sous les 21 Mt (-1,4 %). Pour enrayer le déclin du secteur des viandes blanches, le Snia appelle à un dialogue dans les régions avec les distributeurs, élus, collectivités, associations.
«Si rien n'est fait pour favoriser un élevage compétitif, il n'y aura plus aucune production de viande blanche », a mis en garde le président du Snia (industrie de la nutrition animale), Alain Guillaume, en conférence de presse le 8 janvier. Le syndicat réclame un pacte social concernant les filières volaille et porc, « oubliées » par la nouvelle Pac. « Un dialogue est nécessaire au sein des régions entre, d'une part, les fabricants d'aliments, agriculteurs, entreprises agroalimentaires et, d'autre part, les distributeurs, élus, collectivités, associations », a expliqué Alain Guillaume, pour qui l'enjeu se situe dans la compétitivité, la valorisation de la qualité au niveau environnement, sanitaire, bien-être animal. Par ailleurs, le Snia s'inquiète de la régionalisation des aides dans le cadre de la Pac. « Le porc, la volaille sont parfois oubliés en termes de soutien à la modernisation des bâtiments d'élevage, comme dans le Nord, la région lyonnaise », a-t-il déploré.
Sombres perspectives de productionCes deux secteurs d'activité devraient rester dans le rouge. en 2013, l'évolution des tonnages d'aliments composés est estimée à - 4 % en porcs, - 1,1 % en volailles, +0,1% en bovins, faisant tomber la production nationale sous les 21 Mt (-1,4 %). Le Snia affiche un certain pessimisme pour l'avenir. Concernant le porc et la volaille, ses prévisions 2014 restent négatives, avec des fourchettes respectives de - 2,5 % à - 1 % et - 2 % à 0 %. « Si les cours du porc ne remontent pas, des fermetures d'élevage vont survenir, a-t-il lancé. Un phénomène en lien avec la mise aux normes des bâtiments, dont la période de tolérance s'achève. » Les bovins s'en tireraient mieux, avec un tonnage d'aliments composés entre +0,5 % et +1,5 %.
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Le Snia avait tiré le signal d'alarme, en proposant 18 mesures « pour enrayer le déclin de l'élevage en France ». Un an après, des « résultats exceptionnels » ont été obtenus, s'est félicité Alain Guillaume. Il a cité la réorientation de la Pac en faveur de l'élevage, un soutien aux protéines végétales « élargi au soja », qui reste à « flécher vers l'alimentation animale ». Autre satisfaction, la signature d'un accord interprofessionnel pour l'amélioration du taux de protéines dans le blé tendre. « On travaille déjà à la seconde étape : les impuretés et mycotoxines », a poursuivi le président du Snia, faisant part de la « grande insatisfaction » des fabricants sur ces deux critères. « La France a les céréales les plus sales du monde, aux dires d'un grand opérateur international. » Autre chantier prioritaire, la valorisation des écarts de fabrication de l'agroalimentaire.