Les menaces de sévères punitions commerciales que s’adressent mutuellement Washington et Pékin sont une motivation de plus pour la mise en œuvre, effective cette fois-ci, d’un plan protéines européen. Pour l’instant, sur le terrain, la Chine se contente de taxer le porc ou le vin en provenance des États-Unis, en réponse aux droits de douane que lui inflige ce pays dans le secteur sidérurgique. Mais la Chine prépare l’artillerie lourde, après la publication d’une liste de 1 300 de ses produits, soit quelque 50 milliards $, auxquels les Américains pourraient s’attaquer, pour sanctionner ce que Donald Trump appelle de la concurrence « déloyale » et du « vol » de propriété intellectuelle. Pékin a immédiatement réagi en annonçant des représailles pour le même montant, qui seraient déclenchées à une date encore à fixer et frapperaient notamment d’un droit de 25 % les importations de soja américain, soit en valeur 12 milliards € en 2017. Si tel était le cas, les agriculteurs chinois devraient payer plus cher et se rabattre aussi sur d’autres fournisseurs, tels le Brésil, dont l’Europe est un fidèle client. Ce qui pourrait provoquer une réorientation des courants d’échanges actuels. Du côté américain, le secrétaire à l’agriculture, Sonny Perdue, dit avoir reçu de son président l’assurance qu’il ne laissera pas les producteurs « supporter le poids des représailles chinoises ». Et ces derniers se déclarent prêts à « investir pour trouver de nouveaux débouchés ». En Europe par exemple ? Mais reste à savoir si les États-Unis sont un fournisseur totalement fiable, compte tenu des sautes d’humeur géostratégiques de l’actuel locataire de la Maison blanche. Un vrai plan protéines de l’UE serait en tout cas bienvenu, même si, de toute évidence, il ne sera jamais à même d’assurer l’autosuffisance.
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