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UE/Prix des denrées alimentaires Le sommet européen invite la Commission à contrer l’envolée des prix

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Surveiller l’évolution des prix au sein de l’UE et sur la scène internationale et analyser le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Telles sont les principales missions que le sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernements vient de confier à la Commission européenne pour tenter d’apporter une réponse à la hausse des prix des denrées alimentaires. La Commission devra rendre un premier rapport sur la situation d’ici la fin 2008.

A l’échelle européenne, Bruxelles prévoit un certain nombre de mesures concrètes à court terme, telles que l’augmentation de la superficie de terres arables disponibles pour la production alimentaire, le renforcement du potentiel de production laitière, la formation de stocks communautaires d’intervention, les aides à l’exportation ainsi que la suspension des droits à l’importation des céréales. A moyen et à long terme, l’UE continuera à mieux orienter la production agricole vers les besoins des marchés et à encourager la recherche et l’innovation en agriculture.

Examiner l’évolution des prix

Étant donné la volatilité et la complexité des tendances actuelles en matière de prix, la Commission compte suivre l’évolution des prix au sein de l’UE et sur la scène internationale. A cette fin elle va créer une task force qui comprendra des représentants de plusieurs DG (DG Agri, DG Sanco, DG Ecofin, notamment). Ce groupe va s’occuper de questions qui pourraient porter par exemple sur l’évolution du prix du pain dont les niveaux ont pratiquement doublé. Il s’agira de voir comment cela a pu arriver et examiner en particulier le rôle de l’augmentation des prix de l’énergie dans cette hausse. Il s’agira aussi pour les experts d’examiner les risques de création d’oligopole et d’étudier les conditions d’exercice de la concurrence au sein des différents marchés agroalimentaires. Le groupe devra présenter un rapport sur l’évolution de la situation d’ici le mois d’octobre prochain.

Scruter le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire

Afin d’analyser le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, la Commission compte mettre sur pied un groupe spécial chargé d’examiner différentes questions et notamment la concentration et la segmentation du marché dans les secteurs du commerce de détail et de la distribution alimentaires au sein de l’UE. Un premier rapport devra être présenté d’ici décembre 2008. La Commission poursuivra par ailleurs ses travaux sur ces sujets en étroite concertation avec les autorités nationales de concurrence. Elle encourage les États membres qui ont entrepris ou envisagent d’entreprendre des réformes de la réglementation restrictive dans le secteur du commerce de détail à poursuivre leurs efforts.

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La Commission compte suivre également les comportements des investisseurs spéculatifs sur les marchés financiers liés aux produits de base, ainsi que leurs répercussions sur les mouvements de prix. Même si, comme nous l’a affirmé Jean-Luc Demarty, le Directeur général de l’agriculture, la Commission reste « assez sceptique quant à la responsabilité majeure des spéculateurs dans la hausse des prix sur le marché des produits de base ».

Améliorer l’offre de produits agricoles à plus long terme

Afin de renforcer la viabilité de la stratégie de l’UE en faveur des agro-carburants, la Commission estime que des analyses complémentaires sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure l’objectif fixé par l’UE (10 % de biocarburants utilisés pour le transport à l’horizon 2020) influencera les prix du marché agricole et l’exploitation du sol. Les simulations montrent toutefois qu’une augmentation de la part des biocarburants de 1 % en 2005 à 10 % en 2020 entraînerait un accroissement de 30 millions de tonnes dans l’utilisation des matières premières. D’ici à 2020, on pourrait, selon la Commission, assister à une hausse des prix d’environ 3 à 6 % pour les céréales, de 8 à 10 % pour le colza et de 15 % pour les graines de tournesol par rapport à 2006, dans l’hypothèse où 30 % de l’offre serait couverte par des agro-carburants de 2 e génération Produits à partir de matières premières autres que les cultures vivrières (huiles végétales recyclées, graisse animale, sous-produits de la filière bois, etc…).. Ces conséquences seraient toutefois limitées par l’utilisation croissante des agro-carburants de 2ème génération, encouragée par la stratégie de l’UE.