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Le sud de la France craint des dégâts importants après la canicule

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Le ministre de l’Agriculture est attendu dans l’Hérault et dans le Gard le 5 juillet pour constater l’étendue des dégâts causés par la canicule. « Plusieurs milliers d’hectares » de vignes seraient affectés.

La canicule a durement touché les cultures et les élevages dans l’Hérault, l’Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales, les vendredi et samedi 28 et 29 juin. « Plusieurs milliers d’hectares » de vignes ont été brûlés ou ont souffert de la canicule, assure le président de la chambre d’agriculture de l’Hérault. « Un gros tiers du département soit plusieurs milliers d’hectares […] ont été touchés par des températures allant au-delà des 41 degrés et jusqu’à 45,9 à la frontière du Gard et de l’Hérault », a expliqué Jérôme Despey, qui a lancé une première évaluation le 1er juillet. « Certains viticulteurs évaluent leurs pertes à 80 % de leur récolte ! Des vignes et des légumes brûlés comme au chalumeau, des poules et des ruches mortes », confirme la Confédération paysanne d’Occitanie dans un communiqué du 3 juillet.

Le ministre de l’Agriculture est attendu dans l’Hérault et dans le Gard le 5 juillet pour se rendre compte de l’étendue des dégâts causés par la canicule. Une cellule d’urgence avec un numéro d’appel pour les agriculteurs frappés par les conséquences de cette canicule historique a été mise en place dans l’Hérault pour permettre un recensement définitif et précis des dégâts. La chambre d’agriculture travaille notamment sur les cartographies météorologiques pour tenter d’analyser le phénomène.

Des grains de raisins desséchés

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« Dès 11 heures du matin il faisait 38 degrés, et ce jusqu’à 22 heures. La température est ainsi restée à plus de 40 degrés sous abri, ce qui équivaut à plus de 50 degrés au soleil, et cela pendant des heures », a rapporté Jean-Marie Fabre, président de la Confédération des vignerons indépendants. Pour cette année, sur les parcelles atteintes, les grains de raisins desséchés tomberont, le feuillage des vignes mettra du temps à repousser. Des parcelles connaîtront des pertes de fond, c’est-à-dire des dégâts qui se prolongeront les années suivantes : Jean-Marie Fabre a mentionné des vignes jeunes (trois ans, commençant à peine à entrer en production), qui devront être arrachées car leur système racinaire n’était pas encore profond. La réverbération de la chaleur, dans certains vignobles à sols pierreux, a accru le phénomène. Enfin, chez des vignerons en viticulture biologique qui venaient de traiter leurs vignes contre l’oïdium, la combinaison de l’ensoleillement intense et du soufre a grillé des parcelles supplémentaires, a ajouté la FDSEA du Gard.

Le numéro 2 de la FNSEA demande notamment le déclenchement du régime des calamités agricoles, un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, une prise en charge des cotisations sociales afin de "faciliter la trésorerie". Mais aussi "des incitations à l’assurance car très peu de viticulteurs sont assurés alors que leur activité est assurable", dit-il. Pour la Confédération paysanne d’Occitanie, « l’État doit prendre ses responsabilités en mettant en place des systèmes de soutien » basés sur la solidarité, « seuls à même de permettre le maintien de paysans nombreux » sur le territoire « avec des fermes diversifiées et à taille humaine » qui contribuent à l’emploi et à la préservation de l’environnement.

La température est restée à plus de 40 degrés sous abri, et cela pendant des heures