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Volaille/Syndicalisme Le Synalaf veut peser sur la Pac et la loi d’avenir agricole et agroalimentaire

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L’AG du Synalaf, qui s’est tenue le 26 septembre, a été l’occasion pour syndicat des volailles label de préciser ses attentes dans la cadre de la future Pac et de la future loi d’avenir agricole et agroalimentaire (prévues pour 2013). Il souhaite notamment que le verdissement de la Pac lui soit favorable et réclame un meilleur soutien de ses produits dans le cadre du second pilier.

Si le marché des volailles Label Rouge et biologiques s’est globalement très bien tenu en 2011, le Synalaf (Syndicat national des labels avicoles de France) entend bien défendre ses inérêts dans le cadre de la réfome de la Pac ou encore des débats sur l’OCM (organisation commune des marchés). L’AG du Syndicat, qui s’est tenue le 26 septembre dernier, a été l’occasion d’obtenir la réassurance du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire sur un certain nombre de points, via Philippe Mauguin, directeur de cabinet de Stéphane Le Foll.
 
Le Synalaf veut profiter du verdissement de la Pac
« Le surcoût pour la qualité, pour l’environnement, pour le bien être animal doit être compensé en partie par la société, via la Pac », a déclaré Eric Cachan, président du Synalaf. Il s’est dit prêt à étudier les pistes de travail suivantes : Contractualiser entre céréaliers et éleveurs, aider le lien au sol en particulier en bio, aider la culture des têtes d’assolement pour localiser les protéines végétales et améliorer la biodiversité, aider l’organisation de petits groupements de producteurs, donner des aides pour les investissements en faveur du bien être animal… mais s’est aussi interrogé : « Le verdissement de la Pac nous sera-t-il favorable ? »
 
Retrouver un équilibre entre l’animal et le végétal
Autre inquiétude évoquée par Eric Cachan, « passer des hausses auprès de la distribution, sans détourner les consommateurs de nos produits : pourquoi maintenir ou développer un élevage peu rentable si on peut mieux gagner sa vie avec les céréales?» Ce à quoi Philippe Mauguin a apporté une réponse sur la diversité des pratiques agricoles et la nécessité de revaloriser l’élevage. « L’enjeu de la nouvelle Pac, c’est de favoriser la diversité des agricultures, on le défendra aussi dans la loi d’avenir. Il faut aussi rééquilibrer le soutien entre le végétal et l’animal. La convergence des aides à l’hectare peut se traduire par un transfert des céréaliers vers les élevages à l’herbe, mais elle peut aussi déstabiliser les exploitations engagées en polyculture. Trouver un système plus équitable avec des éléments de modulation qui permettent de préserver les intérêts de tous », a-t-il ainsi déclaré.
Philippe Mauguin a par ailleurs expliqué vouloir renforcer le soutien des produits sous signe officiels de qualité dans le cadre du second pilier.
De manière plus générale, il faut « sortir de l’affrontement entre la baisse des charges pour augmenter la productivité et la correction des externalités négatives, a-t-il déclaré. On peut être très performant économiquement et écologiquement avec la diversité des assolements, la production d’aliments fourragers sur l’exploitation. Les résultats en termes de marge brute sur l’exploitation sont extrêmement intéressants. Toute la filière doit s’impliquer, le ministère seul ne pourra pas faire tout changer. »
 
OCM, décret œufs fermiers… les revendications immédiates
Si le paquet qualité a trouvé une issue pour le règlement sur les signes de qualité AOP/IGP/STG, le Synalaf s’inquiète de ce que le sujet des normes de commercialisation soit désormais « noyé » dans les débats sur l’OCM. « Il est essentiel de préserver en l’état les normes de commercialisation, la définition des modes d’élevage et leur lien avec les signes de qualité en France », estime Eric Cachan. Le syndicat a également interpelé le ministère sur la parution du décret œufs fermiers et sur l’arrêté sur la définition française de la croissance lente du poulet bio. Le Synalaf demande aussi la réduction des distorsions entre les élevages à étage et au sol pour les pondeuses, et la limitation de la taille des bâtiments d’élevage. « La France est le premier Etat membre producteur d’œufs et volailles biologiques. Elle ne doit pas se laisser dicter la loi par les Etats du Nord de l’Europe qui produisent des quantités minimes», a déclaré Eric Cachan.
 
Une issue à la polémique sur le poulet bio abattu à 70 jours (Duc)
Sur la définition des souches à croissance lente, un arrêté est sur le point d’être signé par Stéphane Le Foll, a indiqué Philippe Mauguin. Il devra aussi être signé par le ministre de l’Economie et des Finances pour une application le 1er juillet 2013. « On procédera à des explications et de la concertation au sein de la filière pour que ça ne mette personne en difficulté », a-t-il ajouté. En effet, le règlement européen mentionne un abattage à 81 jours ou l’utilisation de souches à croissance lente, ce qui a permis à Duc de lancer des poulets bio abattus à 70 jours. Une initiative qui a déclenché la colère de la filière bio, qui trouve là une réponse positive à sa revendication de garantir un abattage à 81 jours minimum.

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