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Confédération paysanne Le syndicat conforté dans ses convictions par la crise

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Revigorée par la crise internationale qui la conforte dans ses convictions, la Confédération paysanne relance une campagne d’adhésion. Lors de son congrès, le 29 avril à Saint-Étienne, le syndicat a souligné les avantages de l’agriculture paysanne pour défendre l’emploi et a rappelé la nécessité de maintenir des outils de régulation de marché dans le cadre de la Pac.

«Nous pensons que nous ne sommes pas en situation de crise mais que nous sommes à la fin d’une ère », a lancé régis Hochart, porte parole de la Confédération paysanne, lors du congrès de son organisation, mercredi 29 avril à Saint Etienne, « et nous proposons une alternative qui est l’agriculture paysanne ». Remis de la déception des mauvais résultats obtenus aux élections aux chambres d’agriculture en 2007, les adhérents de la Confédération se sentent relancés dans leurs convictions par la crise économique mondiale. « La crise a permis de remettre au centre du débat la question de l’agriculture et surtout celle des paysans », confirme Andrea Ferrante, président de l’association italienne d’agriculture biologique invité à débattre lors d’une table ronde. « Cette crise nous a faits passer du statut de ringards à celui de modernes », confirme Régis Hochart. C’est en s’appuyant sur cette dynamique que le syndicat va relancer en 2009 une campagne d’adhésion. Aujourd’hui la Conf’ compte environ 9 700 membres.

Changer de système

« En agriculture le système actuel s’appuie sur l’investissement et le recours aux ressources fossiles et minières. Or ces ressources deviennent rares, il faut donc privilégier l’emploi qui est, au contraire une ressource abondante. Mais pour cela nous avons besoin d’une politique agricole qui aille dans ce sens », explique Régis Hochart. Dans son rapport d’orientation, la Confédération demande donc que « la loi de modernisation de l’agriculture annoncée pour la fin de l’année 2009 soit l’occasion de revoir tous ces dispositifs d’accompagnement du financement à la fiscalité en passant par les cotisations et prestations sociales ». Le mouvement paysan souhaite que la recherche participe à la promotion de système alternatifs, pour, qu’à terme, il soit possible de se passer des produits phytosanitaires et des engrais tout en continuant à produire.

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Des outils de régulations européens

La campagne électorale européenne est aussi pour le syndicat l’occasion de remettre en cause la suppression programmée des quotas laitiers. Les congressistes ont envoyé une palette de bouteilles de lait à Mariann Fischer Boel, commissaire européen à l’agriculture, afin de lui retourner symboliquement les excédents laitiers décidés par la Commission européenne. « Il faut également supprimer les restitutions aux exportations qui font beaucoup de mal aux pays en développement », a indiqué André Bouchut, secrétaire général. La Confédération paysanne revendique en effet « des outils efficaces de maîtrise de la production tels que les quotas laitiers, les droits à produire gérés administrativement (PMTVA, droits de plantation viticoles…) qui existent et sont à conforter et non pas à démanteler ». Dans d’autres productions, le syndicat estime qu’il faut construire des outils comme en production porcine (volume maximum par paysan) et céréalière (stocks stratégiques pour contrer les appétits des spéculateurs). « Ces mécanismes permettront d’avoir des prix plus réguliers dans l’intérêt de tous, aussi bien producteurs que consommateurs », souligne le rapport d’orientation.